Projection-discussion : Le Grand Ordinaire


Cinéma Eldorado

Le Grand Ordinaire est un journal intime filmé, qui retrace plusieurs années de la vie de son réalisateur. Il est d’une part une traversée insensée à l’intérieur des troubles d’un cerveau grippé, dont les rouages se bloquent et qui répète pensées et gestes à l’infini. Ceux de Mathieu Kiefer, auteur, réalisateur et personnage principal du film, aux prises avec ses peurs et obsessions, que la psychiatrie appelle des Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC).
Jeudi 30 septembre à 20h15, projection-discussion en présence du réalisateur à l’Eldorado.

1998. Un enfant donne de petits coups avec son bassin sur chaque angle de son bureau. A voix haute, il énumère des multiples de 5.
C’est l’espace entre le bureau et le mur qui l’obsède. Il n’est pas comme il devrait être. Et laisser les choses en l’état, accepter un léger décalage,
ce serait faire courir un grand risque à son monde. Au monde tout court en fait.

2019. Mathieu a 33 ans. Parfois encore, son bassin cherche l’angle du bureau. Mais il a appris à y accorder moins d’importance, à accepter le léger décalage, découvrant ainsi qu’entre le bureau et le mur, effectivement, il y avait bel et bien le monde.

Plus d’informations :
http://www.legrandordinaire.com/ / https://www.facebook.com/LGO.film/

Le grand ordinaire
Un film de Mathieu Kiefer. France. 2019. 1h21.
Avec Mathieu Kiefer, Lucie Vedel, Laurent Collombert.

Séance en présence du réalisateur jeudi 30 septembre à 20h15
Pré-vente des places à l’Eldorado (21 rue Alfred de Musset).

Le Grand Ordinaire est un journal intime filmé, qui retrace plusieurs années de la vie de son réalisateur. Il est d’une part une traversée insensée à l’intérieur des troubles d’un cerveau grippé, dont les rouages se bloquent et qui répète pensées et gestes à l’infini. Ceux de Mathieu Kiefer, auteur, réalisateur et personnage principal du film, aux prises avec ses peurs et obsessions, que la psychiatrie appelle des Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC). Mais il est aussi et surtout une lettre adressée à tous ceux qu’on dit en bonne santé, en forme de poème visuel et sonore bien déglingué, plein d’humour, de poésie et de folie. Car, vous vous en doutez, c’est à la frontière entre folie et normalité, entre souffrance et apaisement, que se trouve l’espace du film. On rejoue des scènes dans le cabinet d’un psy, on installe l’intérieur d’un chez soi dans les ruines d’une maison sans toit, on discute avec son amoureuse, on revoit, effrayé, la maison de son enfance, pendant que de nombreuses images d’archives familiales viennent soutenir la parole de Mathieu. Et la confession intime se meut petit à petit en une ouverture vers les autres, quittant l’égocentrisme de l’obsession pour s’acharner à rencontrer l’autre, vraiment.

Le Grand Ordinaire s’inscrit dans la filiation du journal intime filmé, avec ses célèbres et moins célèbres prédécesseurs français (Alain Cavalier, Joseph Morder, Christian Blanchet, Yvan Petit…) et parvient, comme ses illustres aînés à dépasser le privé pour atteindre le partageable. Et le partageable ici est cette question fondamentale de l’intérieur et de l’extérieur de soi. Où commence, où s’arrête la ligne entre moi et l’autre. Comment la faire évoluer, faire rentrer un peu plus du monde des autres en soi, et ainsi offrir plus de soi ? Question éminemment politique et absolument esthétique !
Ce film sent la longue haleine, il a été porté contre vents et marées par son auteur pendant des années, co-produit par un collectif de filmeurs et de militants rêvant d’un cinéma qui quitte les ornières de l’industrie audio-visuelle (Synaps), et il vient aujourd’hui nous chatouiller le nerf sensitif avec sa petite musique drôle et ses petits éclats de beauté.

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