Une remise de lettre à la société SEM, propriétaire du bâtiment occupé par des demandeurs d’asile

Une cinquantaine de personnes sont venues assister à la remise du courrier adressé à l’entreprise propriétaire du bâtiment occupé par des demandeur d’asile rue Becquerel, expulsable à partir du 10 juillet. Il s’agit d’une demande de rendez-vous pour trouver une autre issue que l’expulsion.

Les habitantes ne savant pas quoi faire et vivant dans la peur de cette expulsion qui les remettraient à la rue en pleine crise sanitaire ont décidé d’écrire une lettre au propriétaire et de venir la déposer directement dans les bureaux de l’entreprise.
On assiste donc à un moment officiel où la lettre est lue à l’assemblée présente, puis une délégation d’habitant.es cherche à transmettre cette lettre pendant que les autres présentent des banderoles « non aux expulsions », « nous voulons être protégés » et « où est la solidarité ? ».
La porte est close, et restera close jusqu’ à 12h, la fin du rassemblement. Le courrier finira donc dans la boîte aux lettres.
Quelques coups de sifflets et slogans tels que « non non non, non aux expulsions », « on vient vous, remettre une lettre », puis un début de chanson avec « Monsieur l’propriétaire on vous remet cette lettre, que vous lirez peut-être.. », puis une huissière arrive pour dialoguer.
C’est donc l’huissière de la S.E.M , qui se déplace pour savoir ce qu’il se passe et ce qu’elle peut faire.
C’est elle qui suit les histoires d’occupation pour la S.E.M et qui comme elle dit est là pour transmettre un message. On se rappelle qu’elle fait parois plus que transmettre des mesages car elle est reconnue comme celle qui avait escaladé le portail, accompagnée de la police, lors de l’occupation du bâtiment précédent, la CPAMVoir l’article CPAM occupée - Quand la police escalade..., bâtiment qui appartenait au mee propriétaire.
Pour rappel, ce bâtiment a été expulsé en septembre dernier, et reste désormais muré.
Elle n’a apparemment pas connaissance du rendez-vous qui est programmé depuis une semaine et demande pourquoi autant de gens pour remettre une lettre.
Comme elle le dit très bien, elle ne peut rien faire, si ce n’est transmettre un message au propriétaire. Elle aura donc elle aussi cette même lettre qu’elle se chargera de remettre en personne.

LETTRE A LA Société Est Métropole, propriétaire du 11 rue Henri Becquerel.
 
Dijon , le 6 juillet 2020
 
Bonjour Madame, Monsieur,
 
Nous vous écrivons cette lettre au nom de tous les habitants du bâtiment situé au 11 rue Henri Becquerel, à Dijon.
Nous avons reçu la décision de la juge ainsi que le commandement de quitter le lieu où nous habitons. Nous ne pouvons pas quitter les lieux dans les délais prévus à cause des raisons suivantes.
Aujourd’hui nous sommes dans une saison de crise sanitaire (épidémie du COVID-19) et donc c’est impossible pour nous de vivre dans la rue en ce moment, sachant que parmi nous il y a des femmes, des enfants et des personnes âgées.
Dans notre lieu d’habitation nous sommes bien sécurisés et protégés, pour des raisons différentes, contre la pluie, le froid, la chaleur ou l’épidémie.
Nous avons aussi totalement respecté les conditions comme dans tous les lieux d’habitation. Ici, nous nous organisons pour vivre ensemble, nous entretenons le bâtiment et nous avons de bonnes relations avec le vosiinage.
 
A notre connaissance, il n’y a aucun projet sur ce bâtiment, c’est pourquoi nous vous demandons de ne pas commander l’expulsion à la préfecture, et d’accepter un rendez-vous pour discuter des possibilités de régularisation de notre occupation.
 
Les habitants du 11 rue Henri Becquerel, à Dijon.
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