Véloroute de Vézelay : un projet qui n’a pas de sens


Yonne

À Vézelay (89), un vaste projet de véloroute est porté par la communauté de communes de l’Avallonais–Vézelay–Morvan (CCAVM). Derrière un projet qui se présente comme écologique - une piste cyclable - le collectif du Bois de Malappris dénonce la destruction d’espaces naturels.

Nous reproduisons ici un article du Collectif du Bois de Malappris

Véloroute : Favoriser la bicyclette c’est bien, dénaturer pour cela certains précieux chemins patrimoniaux l’est beaucoup moins.

La plupart des gens l’ignorent, mais un vaste projet de véloroute est porté par la communauté de communes de l’Avallonais–Vézelay–Morvan (CCAVM).

Une majeure partie du tracé empruntera des routes existantes sur lesquelles seront aménagées des voies cyclables.

Mais d’autres tronçons passeront par des chemins communaux. Ces chemins se verront transformés par des engins de terrassement avant d’être recouverts d’un revêtement adapté à la circulation confortable de cyclotouristes.

C’est en interrogeant géomètres et entreprises de forage à l’œuvre sur le terrain que la population a découvert le projet et ses conséquences. Aucune information n’avait été divulguée aux usagers et riverains. Certains nouveaux maires ignoraient même être concernés…

Exemple : le chemin rural parallèle au hameau des Bois de la Madeleine entre les Chaumots et la route d’Asnières-sous-Bois. Plus de quatre kilomètres dont plusieurs en plein bois, sur sol fragile et humide.

Les sections marquées vez001 et asn016 se trouvent sur un chemin magnifique, pur joyau de notre patrimoine paysager du Vézelien. Il est étroit et pentu, les chevaux s’y enlisent de l’automne au printemps. Vouloir y faire passer des cyclotouristes impliquerait une artificialisation des sols totalement anachronique, disproportionnée et coûteuse.

La communauté de commune ne s’est-elle pas engagée dans le PLUI pour la « protection des zones remarquables » et la limitation de « la consommation d’espaces naturels » ?

De nombreuses questions se posent :

  • Comment un tel chantier parvient-il en phase de finalisation sans que la population en soit informée ?
  • Dans cette période tourmentée, comment peut-on prioriser un tel gouffre budgétaire ?
  • Qui paiera l’entretien de ces routes et le ramassage des déchets en plein bois ?
  • Usagers locaux, riverains et promeneurs mais aussi vététistes, cueilleurs de champignons, pèlerins, cavaliers et milieu naturel fragile ne pèsent donc rien face aux décisions unilatérales de la CCAVM ?
  • Comment peut-on éluder la question de la circulation agricole et forestière ?
  • Celle de la pratique de la chasse et par conséquent celle de la sécurité des cyclistes ?
  • Dans ce contexte, quelle durabilité sur un sol si peu adapté ?

Mais puisque l’on nous parle de route cyclable, c’est vert, c’est forcément bien, donc rien ne serait à questionner…

Pas si sûr, la mobilisation citoyenne qui se constitue parviendra, espérons-le, à faire réviser certaines incohérences du projet.

Contact : collectifduboisdemalappris@outlook.fr



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