[Besançon] Prévu à la Maison du Peuple, le meeting RN en est finalement refoulé


Doubs

Le Rassemblement National (RN) venait d’annoncer la tenue d’un « apéritif-débat », prévu ce dimanche 21 novembre à Besançon. Visiblement téméraire, la formation d’extrême-droite n’avait pas hésité à afficher le site où devait se tenir cette date : la Maison du Peuple. Une donnée qui a immédiatement suscité une levée de boucliers, et des velléités de contre-rassemblement. Car outre des thèses réactionnaires, le parti Lepéniste assume ses positions jugées contraires à l’intérêt des travailleurs. La polémique émergeant, l’UD-CGT du Doubs vient d’indiquer que les organisateurs ont finalement été refoulés des lieux.

Ces derniers jours, l’information s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Deux cadres nationaux du RN ont récemment annoncé la tenue d’un meeting à Besançon, escompté le dimanche 21 novembre prochain à 11h00 sur Battant. Si la concordance avec la messe traditionaliste de la Madeleine sautait déjà aux yeux selon certains, c’est surtout la précision du lieu qui a alors soulevé indignation et colère. C’est en effet la salle Octave David qui avait été premièrement choisie, au cœur de la Maison du Peuple en partie gérée par la Municipalité. Pour beaucoup, une véritable provocation.

Il faut dire que le casting laisse songeur. Laurent Jacobelli est porte-parole du RN, après être passé par TF1 et Debout la France. Préférence nationale, thèse du « changement de population », ensauvagement de la société, durcissement de la répression, mais aussi parachutages électoraux, il cumule toutes les valeurs de sa mouvance. Quant à la députée européenne Virginie Joron, elle est connue pour ses positions hostiles à l’immigration, sa défense de Bachar el-Assad et de Narendra Modi, et ses nombreuses fakes-news en particulier depuis la crise sanitaire dont elle qualifie la pandémie de « virus artificiel. »

Cette semaine, les réactions se sont enchaînées dans le milieu comtois. En apprenant la nouvelle, collectifs, organisations politiques, sections syndicales, et militant·es de tous bords, ont spontanément posés les jalons d’un front unitaire antifasciste. Si les appels n’étaient donc pas formalisés, l’issue semblait toutefois déjà clairement tranchée : pas d’arrangement possible avec ce mouvement, dont le racisme et la haine des travailleurs n’est plus à prouver. Alors que la venue d’Éric Zemmour a dû être annulée à Dijon, l’opposition entendait naturellement faire tâche d’huile dans la ville de Proudhon et de LIP.

Mais c’était sans compter sur l’UD-CGT du Doubs, qui mise devant le fait accompli n’a pas mâché sa réponse : « Nous n’acceptons pas que nos lieux, chargés d’histoire sociale et fondés par des travailleurs qui étaient pour certains des réfugiés politiques issus de l’immigration, soient la tribune d’idées nauséabondes. » Une controverse naissante qui aura suffit à faire basculer la situation, apprenant dans la foulée que le RN n’aurait plus accès à la Maison du Peuple. Selon nos informations l’apéritif-débat d’extrême-droite est en revanche maintenu, trouvant refuge salle de la Malcombe à Planoise... pour l’instant.

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