Blocage d’Amazon et dénonciation du Black Friday, Extinction Rébellion Dijon passe à la vitesse supérieure



Communiqué de Extinction Rebellion Dijon suite au blocage d’Amazon.

Ce samedi 26 novembre, à l’occasion de la semaine du Black Friday, plus de 60 rebelles du mouvement de désobéissance civile non violent « Extinction Rébellion » ont uni leurs forces pour dénoncer l’absurdité du modèle économique anti-social et anti-écologique du géant américain Amazon. Pour cela, iels sont parvenu·es à bloquer les entrées et sorties de camions depuis l’entrepôt Amazon de Longvic à l’aide d’équipements de blocage disposés aux trois accès de l’entrepôt. Les militant·es n’ont cependant pas empêché la sortie des véhicules personnels des salariés.

Commencé à 9h45, ce blocage a permis des temps d’échanges avec les salarié·es, qui malgré quelques tensions en début de journée ont rapidement affiché pour certain.es leur bonne humeur et leur soutien à l’action.

A 13h30, la police est arrivée sur les lieux et a finalement réussi à dégager l’une des entrées en brutalisant certain·es militant·es du collectif. Nous regrettons que cette intervention d’1h30 n’ait pu se faire sans violence, alors que le collectif « Extinction Rebellion » est strictement opposé à la violence physique et verbale.

Le collectif a par la suite décidé en assemblée générale de lever le blocage à 16h.

En parallèle du blocage une action de "désarmement" a été menée par notre collectif : Nous avons dégonflé les pneus de 25 camionnettes de livraison avant de prévenir la direction d’Amazon de notre acte. Cela a cependant conduit à abimer les pneus bien plus que prévu. Ce n’était pas notre objectif et nous nous excusons auprès du sous-traitant pour la gêne que cette dégradation a pu entrainer.

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Pourquoi Amazon et le Black friday
Cette action vise à rappeler à tous et toutes que le Black Friday participe à l’essor du e-commerce dont le géant Amazon se gave impunément, tout en feignant une conscience écologique. C’est un acteur majeur du système qui pousse à la surconsommation et alimente une société du tout jetable. Amazon est l’un des plus grands distributeurs du monde entier et se délecte de sa notoriété en diversifiant ses activités comme la location de clouds, le streaming video, la domotique, l’alimentaire, l’imprimerie... La société en a fortement profité lors de la pandémie et continue d’en abuser. Sa croissance fulgurante ces dernières années est permise par l’évasion fiscale massive, un cruel manque de transparence, l’incitation à la surconsommation, les émissions de gaz à effet de serre, la maltraitance des employés et la destruction d’emplois locaux. Amazon se place au-dessus de toute règle et de toute morale : dans le cas de son activité en France par exemple, afin de s’affranchir des lois françaises en termes de fiscalité, elle facture une grande partie de ses services à d’autres pays, notamment le Luxembourg connu pour ses avantages fiscaux.

La crise sanitaire lui a bénéficié en tout point : le confinement généralisé de 2020 s’est soldé par un chiffre d’affaires de 88,9 milliards de dollars, soit une augmentation de 40 % par rapport à l’année précédente. L’entreprise a enregistré 5,2 milliards de dollars en pleine crise sanitaire alors que de nombreux commerces de proximité ont fait faillite et ont dû mettre la clé sous la porte.

Les conditions de travail délétères avec un rythme très élevé ainsi que des sanctions à répétition affectent physiquement et mentalement les employés. Environ 3 accidents de travail par jour ont été déclaré par Amazon France Logistique. 44 % de la main d’œuvre totale d’Amazon correspond à de l’emploi intérimaire, chiffre qui grimpe à 64 % dans certains cas de besoin de main d’œuvre. Le grand besoin de fluidité, notamment dans les périodes du Black Friday et de Noël, impose un rythme intense, à l’origine de nombreux problèmes de santé : stress intense, burn out, troubles musculo-squelettiques… Ce besoin de travailleurs modelables se manifeste par une déshumanisation des employés managés par des robots. L’hypermécanisation et l’hyperinformatisation efface toute réflexion et humanité avec un suivi à la trace et à la seconde près. Tout ceci amène à des situations aberrantes avec par exemple des employés contraints d’uriner dans des bouteilles (Fait reconnu par Amazon). Amazon prévoit la suppression de 11 000 emplois d’ici quelques mois. On est bien loin de l’investissement promis pour les employés...

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Non-respect des travailleurs, évasion fiscale, monopolisation du marché… Et l’environnement alors ?
Stimulant la demande en cassant les prix, la multinationale contribue à la surproduction et accroît sa suprématie tout en détruisant la planète. L’absurdité des frais de stockage qui augmentent de manière exponentielle pour les invendus offre comme unique solution aux vendeurs de la marketplace de payer pour la destruction des produits. Solution qu’ils n’hésitent pas à choisir, notamment ceux dont les frais de retour deviennent prohibitifs et non rentables. Amazon ne rechigne donc pas à détruire des produits neufs et suremballés. Plus de 3 millions d’articles ont été détruits en janvier 2019 dans un entrepôt au Royaume Uni. Le leader de la vente en ligne pratique alors un gaspillage de masse et entretient la société du tout tout-de-suite et du tout jetable. Sur le thème de l’énergie, en 2018 les centres de données d’Amazon auraient consommés 198 TWh, soit 1 % de l’électricité mondiale, plus que la consommation de la Thaïlande, la Pologne ou l’Égypte. Son empreinte carbone a augmenté de près de 40 % entre 2019 et 2021. Le géant du e-commerce a annoncé en janvier 2021 le rachat de onze Boeing 767-300 aux compagnies Delta et WestJet, qui vont être réaménagés en avions cargo. Le secteur de l’aviation représente entre 6 et 7 % des émissions de gaz à effet de serre, qui participent très fortement au dérèglement climatique. Comment Amazon peut-elle nous faire croire à un bilan carbone neutre d’ici 2040 ?

Pour tenter de masquer ce constat accablant, Amazon joue des compensations écologiques et du greenwashing pour réduire les effets de son empreinte écologique et de sa dévastation sociale : investissement dans la reforestation, promotion de ses propres véhicules électriques, développement de technologie en captation de CO2.

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Nos revendications via cette action :
Nous exigeons :
· Qu’Amazon paye sa juste part d’impôt sur les sociétés. Il faut l’empêcher de délocaliser artificiellement ses profits dans des paradis fiscaux. La taxation unitaire serait un outil efficace pour mettre fin à cette forme d’évasion fiscale.
· Qu’Amazon rembourse les montants astronomiques liés à sa fraude à la TVA, et que l’on mette en place un système de prélèvement à la source de la TVA.
· La mise en place d’une taxe proportionnelle à l’impact carbone de chaque produit acheté.
· Un moratoire sur les entrepôts de e-commerce, afin d’empêcher Amazon de construire de nouveaux entrepôts en France.
· Que tous les invendus soient donnés et non plus détruits.
· Que le gouvernement soutienne financièrement le secteur de la seconde vie des objets (Electronique, Vêtement, objet en tout genre…).

Face à l’extinction, la rébellion !
Extinction Rébellion Dijon

Une action qui intervient en plein « Black Friday », une journée pleine de « croissance » pour quelques uns comme François Rebsamen qui répète ce mot régulièrement en réunions publiques, mais en réalité qui engendre un désastre écologique...

Pour rappel, en 2021, des associations avaient dénoncé l’implantation d’Amazon près de Dijon.

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