[Bourg-en-Bresse] Et la rue elle est à qui ?



Samedi 28 août, bloc antifasciste à Bourg en Bresse.

Lors de la sixième manifestation à Bourg-en-Bresse, un militant du NPA - sans cacher son appartenance politique - prend la parole comme l’on fait d’autres intervenant.es, mais lui se fait conspuer par la foule. Cet incident est le plongement d’apparitions de plus en fréquentes de sympathisant.es plus ou moins déclaré.es de l’extrême-droite. L’Action Antifasciste de l’Ain (AAA) décide donc d’appeler à un bloc Antifa pour la septième manif anti passe, notamment pour une politique sanitaire juste et pour combattre l’extrême-droite.

Rendez-vous est donné face à la préfecture, où dans un petit square se déroulent les prises de paroles des organisateur.trices auto-désigné.es. Le propos est anti passe, mais aussi antivax, prêchant la protection des enfants (qui ne serait pas pour), l’apolitisme, les soins alternatifs, reinfocovid plate-forme de réinformation - en fait de désinformation - très droitière est bien présente.

La manifestation se met en marche pour un parcours qui va durer 8 kms. Le bloc Antifa est groupé, ses trois mégaphones donnent le ton avec une Internationale qui énerve plusieurs manifestant.es en périphérie du bloc, mais les 30 à 40 militant.es Antifas dissuadent ces énervés d’aller au-delà de quelques insultes à distance. La parcours sera aussi l’occasion pour des personnes de venir nous faire la morale sur l’apolitisme et l’unité qui sont de vieilles antiennes d’extrême-droite. Au fil des kms le bloc se distendant, des manifestant.es s’y retrouvent inséré.es sans à priori toujours s’en rendre compte, mais parfois aussi délibérément, affichant un soutien discret, mais affirmé. Telles ces deux retraitées qui pouffaient régulièrement en entendant les nombreux slogans anti Macron et antifascistes. L’une d’elles viendra d’ailleurs nous raconter que son père était un militant antifasciste à l’époque ou des monstres comme Franco gouvernaient une partie de l’Europe.

Pas vraiment de traces de la flicaille, une voiture de la police municipale se trouvant sur le côté de la manif est applaudie par quelques manifestant.es, « Police partout, justice nulle part » répond aux applaudissements. Les CRS feront leur apparition devant le centre hospitalier pour en barrer l’accès, il est demandé de s’asseoir en signe de protestation. En quoi s’asseoir est-t-il un signe de résistance ? Le bloc antifa reste debout : « l’hôpital n’est pas une entreprise, les patients ne sont pas des clients ».

D’un pas un peu plus lent, le cortège reprend la direction de la préfecture et le square attenant qui va voir des prises de paroles sans ambiguïtés clore l’après-midi. En résumé : « Les syndicats (CNT, CGT Educ’action) et les partis (NPA) n’avaient rien à faire là, samedi prochain nous leur arracherons leurs drapeaux ». Le ton et le propos sont menaçants, ils s’appuient de nouveau sur cet apolitisme et cette unité de façade utilisés pour masquer l’engagement très à droite (sous différentes formes) de ceux qui s’expriment.

Après de tels propos c’est la préoccupation qui anime les membres du bloc antifa qui sont toujours présent.es. Faut il revenir samedi prochain, mais bien plus nombreux.ses ? Ces personnes ont elles des accointances avec des militant.es d’extrême-droite plus organisé.es et plus déterminé.es qui pourraient faire leur apparition pour la 8e manif ? Que faire avec la « gauche » qui ne veut pas défiler derrière « eux » ? Les avis sont partagés, mais il va falloir se décider rapidement, car si la présence de nombreux « conspis-patriotes », ne fait pas d’une manif un rassemblement fasciste, cela ne dédouane pas la gauche, qu’elle soit révolutionnaire ou réformiste, de ses responsabilités.



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