Deux quartiers de la métropole classés « quartiers de reconquête républicaine » : quelles conséquences ?

Ce jeudi, le 25 février, le gouvernement a confirmé que les quartiers des Grésilles à Dijon, et du Mail à Chenôve, allaient être reconnus « quartier de reconquête républicaine » (QRR). La promesse d’une augmentation des effectifs et des moyens de la police.

Ce jeudi, le 25 février, le gouvernement a confirmé que les quartiers des Grésilles à Dijon, et du Mail à Chenôve, allaient être reconnus « quartier de reconquête républicaine » (QRR). Cette annonce fait suite à la demande de François Rebsamen, maire PS de Dijon, de Thierry Falconnet, maire PS de Chenôve, et à la proposition de deux députés LREM de Côte-d’Or, Didier Martin et Fadila Khattabi après les incidents de l’été dernier aux Grésilles.
Qu’est-ce qu’un QRR et quelles sont les conséquences concrètes de ce classement ?

Les « quartiers de reconquête républicaine »

Derrière ce vocable hérité en droite ligne de la pensée coloniale se cache un dispositif annoncé en février 2018 par Gérard Collomb, alors ministre de l’intérieur. Il fait partie de la nouvelle doctrine de « police de sécurité du quotidien » (PSQ), promise par le candidat Macron, et annoncée dès août 2017, là encore par Gérard Collomb. Le but de la manoeuvre ? Rendre les services de police « plus efficaces », et augmenter leur présence sur le terrain, en s’inspirant en partie de la « police de proximité » mise en place par les socialistes dans les années 90. Leurs objectifs annoncés : démanteler les trafics de stupéfiants, renforcer les contacts avec la population et les partenariats avec les élus et les administrations de l’État.
Une première vague de quinze quartiers est annoncée en septembe 2018, et une deuxième de 32 quartiers est annoncée en 2019. Neuf nouveaux QRR ont été annoncés depuis fin janvier 2021, ce qui porte le nombre de QRR à 62 dans toute la France.

Concrètement, qu’est-ce que ça va changer ?

Le terme de « reconquête », qui semble tout droit sorti des campagnes d’affichage de Génération Identitaire, est à prendre au pied de la lettre : celui d’une reconquête policière de « zones de non-droit ».
Les mesures de ce dispositif sont uniquement policières. Aucun investissement dans les équipements culturels ou éducatifs n’est prévu. Chaque quartier concerné doit ainsi subir l’arrivée de 15 à 30 policiers supplémentaires. En tout c’est 1300 nouveaux policiers qui devraient être affectés aux QRR, auxquels il faut ajouter 500 gendarmes affectés à une vingtaine de départements dans le cadre de la PSQ.
Ces nouveaux agents ne seront pas tous sur le terrain puisque certains intégreront des unités en charge de « l’action judiciaire de proximité » et des « cellules de renseignement opérationnel sur les stupéfiants » (CROSS), qui doivent permettre un « décloisonnement du renseignement criminel » [1].

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Un de ces deux individus « fait barrage à l’extrême-droite », saurez-vous le distinguer ?

À Dijon il ne devrait cependant pas y avoir d’augmentation d’effectifs, puisque 20 nouveaux policiers nationaux ont déjà été recrutés après les incidents qui ont eu lieu aux Grésilles l’été dernier. Ceux-ci ont été consacrés à des missions d’îlotage dans le quartier, c’est-à-dire à l’occupation quasi-permanente du terrain.

Nuit d’émeutes dans l’agglomération

Doit-on y voir une réponse à ces annonces comme le laissent penser les articles de France Bleu Bourgogne [2] et du Bien Public ? La nuit qui a suivi l’annonce du classement du Mail et des Grésilles en QRR a en tous cas été agitée dans plusieurs quartiers populaires de l’agglomération dijonnaise et même au-delà.
Il faut malheureusement nous contenter des communiqués du syndicat d’extrême-droite Alliance et du Bien Public pour tenter de savoir ce qu’il s’est passé. Le communiqué évoque des jets de projectiles sur des véhicules de police à la Fontaine-d’Ouche, des feux de poubelles à Chenôve, une tentative d’incendie d’un gymnase aux Grésilles, qualifiée « d’acte criminel » par la 1re adjointe Nathalie Koenders, et des outrages et jet d’un projectile sur la façade du commissariat de Beaune.



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