[Dossier] Le terrorisme, un spectre qui hante Lafarge



Le 5 et le 20 juin derniers, 31 personnes étaient interpellé·es par les services de « l’anti-terrorisme » dans le cadre d’une enquête contre le désarmement d’une usine Lafarge près de Marseille. Le 19 septembre, la cour de cassation statuait sur un volet de la procédure visant le cimentier pour financement du terrorisme, complicité de crime contre l’humanité et mise en danger de la vie d’autrui. Décryptages, analyses, interview.

  • En juin, une déferlante d’arrestations (35 en tout) visaient le mouvement écologiste dans son ensemble. Un dijonnais s’est retrouvé dans les griffes de la police à cette occasion. Nous avons pu recueillir son témoignage : 38h aux main du GLEV

Nous publions en parallèle deux autres articles à retrouver ci-dessous.

  • L’autre revient sur le passage de la multinationale devant la cour de cassation le 19 septembre dernier pour confirmer que la poursuite pour mise en danger de la vie d’autrui serait bien ajoutée à celles déjà confirmées pour complicité de crime contre l’humanité et financement du terrorisme.
    Lafarge, Daesh et la DGSE. La raison d’Etat dans le chaos syrien

Pour soutenir les mis·e·s en examen des différentes affaires découlant des arrestations de juin, vous pouvez participer à la collecte de don lancée par l’association CACENDR : https://www.helloasso.com/associations/cacendr/collectes/caisse-de-solidarite

Retour sur les faits

Au terme de deux vagues d’arrestations les 5 et 20 juin derniers, 35 personnes finissaient en garde à vue après avoir été réveillées puis perquisitionnées par des militaires armés de fusils d’assaut dans la plupart des cas. Les arrestations, conduites par la SDAT (sous-direction à l’anti-terrorisme) en divers endroits, révélaient un vaste coup de filet qui mélangeait des accusations diverses : des personnes se sont vues arrêtées au motif qu’elles auraient organisé et participé aux manifestations contre les bassines à Sainte-Soline en octobre 2022 et mars 2023, tandis que d’autres l’ont été parce que suspectées d’avoir participé à l’envahissement de l’usine Lafarge de Bouc-Bel-Air en décembre 2022.

Parmi les 31 personnes arrêtées pour l’affaire Lafarge, deux personnes étaient mis·e·s en examen le 11 juillet dans le cadre d’une instruction pour des crimes d’association de malfaiteurs et de dégradations en bande organisée. À cette occasion, l’une des deux personnes faisait une déclaration lors du rassemblement devant le tribunal d’Aix en Provence (https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/affaire-lafarge-une-personne-convoquee-nous-parle).

Dans le même temps, le ministre de l’intérieur déposait le décret de dissolution des Soulèvements de la terre, suspendu au début du mois d’août par le conseil d’État. Ce dernier semble lui-même admettre le manifeste amalgame juridique entre la violence contre les personnes et contre les biens que la loi séparatiste tente d’entériner. Pourtant, ce sont bien des moyens d’enquêtes illimités et des accusations criminelles qui ont été mobilisées dans l’affaire Lafarge pour poursuivre de simples dégradations contre des machines. Entre les sorties de route régulières de Darmanin, et le drôle de jeu de ping-pong entre l’exécutif et le judiciaire, il y a de quoi relever quelques contradictions. L’État est toujours prêt à monter des affaires judiciaires basées sur des rhétoriques fantasmagoriques. Par une surveillance poussée des personnes en luttes, l’État fabrique la matière a des poursuites pénales pour tenter d’anéantir les voix et les gestes qui s’opposent à lui.

Si la justice tente de séparer les affaires et de les dépolitiser, l’opération policière du ministère de l’intérieur est bien celle de cibler un mouvement. En effet, parmi les nombreuses accusations faites aux deux seules personnes actuellement mises en examen dans l’affaire Lafarge, on compte celle, significative, d’être des membres actifs et historiques des Soulèvements de la terre. De plus, une des personnes qui comparaissaient le 8 septembre pour le procès-bassines et l’organisation de manif interdite est aussi accusée d’avoir un lien avec l’organisation du désarmement de l’usine de Bouc Bel Air.

L’opération répressive et de fichage concerne tout·e·s celles et ceux qui se sont levé·e·s et se lèveront encore contre le capitalisme écocidaire. L’instruction de cette affaire court toujours et pourra durer plusieurs années. Elle fait partie de l’arsenal répressif au même titre que d’autres procès, pour intimider et étouffer les mouvements sociaux et écologistes. Tout ceci prendra du temps, et beaucoup d’argent. D’où la nécessité de soutenir financièrement les interpellé·e·s.



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