[GJ Acte VIII] les Gilets Jaunes vous adressent leurs meilleurs vœux !

Malgré les multiples tentatives d’épuiser la mobilisation, notamment par la répression, la détermination est toujours au rendez-vous. Les forces de l’ordre, qui s’immiscent systématiquement entre le mouvement et ses objectifs, en ont fait les frais à Dijon.

N’en déplaise à toute la clique au pouvoir qui voudrait voir le mouvement s’essouffler, l’année 2019 s’inaugure en jaune et en fracas. L’ampleur de la colère paraît tout aussi grande pour l’instant, faisant fi des décomptes officiels et de la propagande médiatique. Malgré les multiples tentatives d’épuiser la mobilisation, notamment par la répression, la détermination est toujours au rendez-vous. Ce mouvement semble décider à déjouer les pronostics et les schémas habituels. Ainsi, il a perduré durant les vacances, comme si de rien n’était, pour repartir de plus belle ce samedi 5 janvier.
Les forces de l’ordre, qui s’immiscent systématiquement entre le mouvement et ses objectifs, en ont fait les frais à Dijon.

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Assaut sur la caserne

Le rendez-vous était donné place de la République. Le cortège toujours aussi important est d’abord parti en direction du nord en quête d’un point de blocage à créer. La première cible fût le centre des impôts, malheureusement déjà fermé la samedi. La route s’est poursuivie en direction du centre commercial de la Toison d’or. En chemin, la caserne de gendarmerie devient une cible inopinée lorsque que des membres du PSIG provoquent la foule depuis leur position retranchée derrière les grilles qui s’étendent sur quelques centaines de mètres. La tension monte. Des projectiles partent. Lorsque les gendarmes décident de riposter avec leurs flash-balls, la réaction est rapide et collective. Les grilles sont prises d’assaut, secouées, elles cèdent : une portion de plusieurs dizaines de mètres tombent rapidement.
Au bout d’une heure de manifestation, le moins que l’on puisse dire, c’est que la détermination n’a pas faibli depuis les semaines passées.

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Point de fixation

Après un tel coup d’éclat, et devant l’arrivée de CRS en renforts, il a semblé peu judicieux de poursuivre l’épopée jusqu’aux confins du périphérique. Mieux valait revenir sur ses pas et retrouver les dédales du centre ville. Le cortège repasse par République et s’élance dans son traditionnel manège : rue des Godrans, la lib’, la mairie (où la tension est palpable face aux agents qui gardent les grilles) puis retour à la case départ. Parvenu à ce point, le cortège esquisse une bifurcation pour s’éloigner du centre et se disperser, mais l’évidence est ailleurs. Fini le tour de piste. On se dirige en masse vers la rue de la préfecture. Tout le monde sait ce qu’il va se passer. On arrive tranquillement devant la grille anti-émeute qui garde la rue. On s’agglutine, on cherche des projectiles dans les cours intérieures, on s’équipe. Quelques pierres et quelques bouteilles partent en cloche. On attend les premiers gazs. C’est parti. Le brouillard se forme, les corps s’agitent dans un désordre presque concerté. Les premiers claquement de flash-balls se font entendre. Les premiers blessés clopinent vers l’arrière, vite pris en charge par les équipes médics. On aimerait que tous les aspects de l’émeute soit à la hauteur de ces secours autonomes. Et que cesse par exemple les salves de projectiles lancés de tellement loin par des manifestants qu’ils n’ont aucune chance d’atteindre la police mais blessent régulièrement des personnes de notre camp.
On applaudit lorsque des poubelles sont transportés pour constituer une barricade de fortune. La foule semble soutenir l’émeute, du moins s’en acclimater. Combien sont-ils les citoyens d’hier qui considèrent désormais qu’ « il faut que ça pète » ?

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Reculer pour mieux s’ensauvager

Cette édition du 5 janvier fût marqué par une certaine créativité pyrotechnique assurant une grosse ambiance en dépit de parvenir à faire tomber les grilles qui nous ouvriraient le chemin de la préf.
Au bout d’un moment, le dispositif policier devient mobile. Les flics tapissent les rues de gazs, sortent de leur camp retranché, ratissent depuis la Trémouille. Le cortège reste compact mais entame un long reflux vers le Drapeau. Les véhicules de CRS avancent, ils arrosent de grenades lacrymogènes, imposent désormais leur tempo. La dispersion est inévitable. Quelques cortèges parviennent à se maintenir et s’élancent dans une manif sauvage dans les rues désertes et embourgeoisés de Montchapet. Toutes les poubelles et les containers de verre y passent. L’ambiance ne faiblit pas. On tente de se diriger vers le centre ville. Alors qu’un des derniers groupes atteint le début du square Darcy, inévitablement, l’étau se referme : des flics déboulent à tous les coins de rue. Une trentaine d’arrestations.

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Quelles orientations possibles ?

1. « Le samedi, le shopping c’est fini, maintenant il y a émeute »
On peut se réjouir de ce que le mouvement persiste en termes numériques et en termes de détermination et d’enthousiasme. Mais on constate aussi une certaine pauvreté d’objectifs dans la rue. Pour samedi prochain il s’agirait par exemple d’établir une cartographie de toutes les cibles et de toutes les actions possibles.
Plutôt que s’agglutiner tous en un seul point, il faudrait que la confrontation redevienne dispersive. Deux ou trois autres points de cristallisation suffiraient à créer une situation bien plus incontrôlable et donc bien plus favorable, y compris en termes de sécurité pour les manifestants. Bloquer la gare, bloquer les Galeries Lafayettes, entrer dans des lieux de pouvoir, etc.
2. Le mouvement a-t-il besoin d’un lieu d’organisation ?
Le gouvernement a décidé d’étendre la répression aux occupations de rond-points et de barrages divers. De plus, il semble nécessaire que le mouvement parvienne à trouver des modes d’organisation qui s’ajoutent à l’organisation par les réseaux sociaux. Pour parvenir à trouver notre propre calendrier, au-delà de la succession des manifestations, il semblerait judicieux que les forces se réunissent pour trouver un lieu qui serait à la fois un lieu de sociabilité, un lieu d’assemblée et un lieu d’auto-organisation populaire.
Ce lieu devrait à notre avis parvenir à conserver l’alchimie entre hétérogénéité, horizontalité et autonomie qui a fait depuis le début la puissance sans pareil du mouvement des Gilets Jaunes.

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