Le patriarcat : quand y’en a plus, y’en a encore

Aujourd’hui, les femmes sont libres et ne subissent plus les violences sexistes. Elles gagnent autant que les hommes, ne font plus la vaisselle et sont reconnues au-delà de leur physique. Bienvenue sur la planète Utérus. Bon, revenons sur Terre et regardons la réalité en face...

En 2019, 149 femmes sont mortes sous la violence d’un homme et pour la simple raison qu’elles étaient des femmes. On appelle ça des féminicides et le collectif Nous Toutes s’occupe de mettre quotidiennement à jour ce funeste décompte.

Ces violences directes ne sont que la partie la plus « visible » de toutes les dominations patriarcales qui s’exercent en France sur les femmes. Parce que si on entend souvent dire que la condition féminine a évolué dans notre pays, qu’elles ont bénéficié d’une émancipation, que le patriarcat, bah c’est plus ce que c’était, c’est sans compter sur sa force d’adaptation et sur les violences symboliques, invisibles et collectivement acceptées.

En effet, si les femmes sont relativement sorties de la prison domestique qu’était le foyer conjugal, leur rôle de ménagère n’a pourtant pas complètement disparu. Certes, les choses évoluent. Mais extrêmement lentement puisqu’en moyenne, les femmes continuent d’être les gérantes du ménage, de la cuisine, de l’éducation des enfants. Bref, de la tenue du foyer familial.

Et lorsque nombre d’entre elles ont échappé à ces déterminismes sexistes, c’est pour subir d’autres assauts patriarcaux. Les représentations des femmes sont très sexualisées et le physique reste un atout automatiquement relié à l’identité féminine. Par qui ? Par quoi ?

En fait, au-delà des individus, c’est la force des structures sociales machistes qui participe à leur acter une identité restrictive qu’elle soit rattaché à leur mari, leur statut maternel, leur corps, leur « beauté », etc. On pense notamment aux injonctions à la tenue apprêtée, à la peau lisse, au maquillage...

Et nous parlons de force des structures parce qu’en effet, le travail, la politique, les médias sont des champs sociaux où les violences patriarcales ont la peau dure. Que ce soit en termes de salaire, de temps de parole à la télévision ou à la radio, de thèmes sur lesquelles elles sont amenées à se prononcer, les femmes continuent d’être stigmatisées, violentées, méprisées...

La violence patriarcale est en fait omniprésente et sait se renouveler sous des formes nouvelles de sorte à ce que les couches d’assignation identitaire se superposent et n’épargnent visiblement aucune d’entre elles, au quotidien et tout au long de leur existence... Quand il n’y en a plus, il y en a encore !



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