Lutte contre la maxi-prison de Haren (Bruxelles)

Entretien avec une militante, membre du Collectif de Lutte Anti-Carcérale (CLAC) à Bruxelles et active dans le combat contre la construction de la maxi-prison de Haren.

A Bruxelles dans le quartier de Haren une maxi-prison est en train d’être constuite. Elle est censé remplacer deux vieilles prisons de Bruxelles : Saint-Gilles et Forest. Le modèle de la maxi-prison est directement inspiré des prisons supermax aux Etats-Unis. Il s’agit de prisons de très haute sécurité : portes des cellules controlées électroniquement, cellules isolés phoniquement les unes des autres, possibilité de sortir qu’une heure par jour.
La maxi-prison de Haren est construite selon un partenariat public privé entre le consortium d’entreprise Cafasso et la régie des bâtiments rattachée à l’Etat. Le principe est le suivant : l’Etat belges confit la conception, la construction, la maintenance et l’exploitation de la prison à Cafasso, en échange, l’Etat lui verse un « loyer », estimé à 3 milliards d’euros au total, sur les 25 années à venir.

JPEG - 41 ko

La maxi-prison est dans les plans depuis au moins 2008 avec l’élaboration du « Masterplan 2008-2012 pour une infrastructure carcéral plus humaine ». Cependant la population a été informée du projet de la maxi-prison de Haren qu’en 2010. Une oppostion s’est fait entendre assez vite du côté de la population. Une première ZAD s’est constituée en 2014. Elle a été expulsée et ré-occupée à plusieurs reprises. De nombreuses actions ont été menées sur le territoire : certaines relèvent de la lutte écologique en lien avec la destruction du territoire (plantation de patates dans le champ du Keelbeek à Haren), d’autres sont davantages portées sur la lutte anti-carcérale (destruction de la maquette de la maxi-prison lors d’une manifestation à la régie des bâtiments). En parallèle une bataille a été menée sur le plan juridique. Elle portait notamment sur le permis d’urbanisme et d’environnement ainsi que sur le passage d’un sentier de randonné au Keelbeek (territoire où est prévu la prison).

Aujourd’hui la prison est en pleine construction et le chantier avance vite. L’entretien qui suit revient sur la lutte contre la maxi-prison menée ces dernières années et sur l’importance de ce combat dans la lutte anti-carcéral.

La maxi-prison de Haren à Bruxelles
Entretien avec une militante anti-carcérale de Bruxelles.


Proposer un complément d'info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Ajouter un document

Articles de la même thématique : Prison - Enfermements

Meurtres et mensonges d’État : la police française a tué au moins 12 personnes durant le confinement

Durant ces 2 mois de confinement, si un certain nombre de violences policières ont pu être dénoncées grâce aux images et aux révoltes dans les quartiers populaires et mises en lumière dans les médias, les morts liées aux interventions de la police sont restées dans l’angle mort. Malgré un article publié le 20 avril sur cette situation, largement relayé et suivi de tribune, aucun média national n’a titré sur ces morts. À la fin de ce confinement, ce sont 12 personnes qui sont mortes à cause de la police. À ce rythme, personne ne peut continuer à parler de bavures isolées. Ils s’agit de meurtres systémiques validés par l’État français. Le site Rebellyon.info a publié un recensement de ces violences commises par la police pendant le confinement.

Du confinement à l’enfermement administratif

Quelques notes à propos de la quarantaine comme mode de gestion de la pandémie

18 mai - Du bruit pour les prisonnierEs

Isolées mais pas oubliées !
Le 18 Mai, 2 mois après l’interdiction des parloirs, montrons aux personnes privées de liberté que même si elles sont isolé·e·s, on ne les oublie pas.
Banderoles, pancartes, convois de voitures ou de vélos, tapage de casseroles, rassemblements par grappes de 10 (ou plus), du bruit dans la rue, en bas de chez nous, à nos fenêtres à 20h18 !