Quand la presse quotidienne régionale parle de la perversité d’un juge



Un juge dijonnais, condamné pour avoir proposé des relations sexuelles avec sa fille de 12 ans sur un site internet, a vu sa peine allégée en appel. Le Bien Public parle magistralement de cette affaire.

Entre octobre 2019 et mai 2020, un juge dijonnais propose à des usagers d’un site libertin des relations sexuelles avec sa fille de 12 ans. Un usager du site le signale. Une enquête est ouverte. Le juge est arrêté en juin 2020, il avoue et il est jugé pour cela en février 2022.
Jusqu’ici tout paraît être un fait divers banal.
Bon, on apprend ensuite que l’accusé était juge pour enfants et qu’il est au moment des faits vice-président du tribunal judiciaire en charge du pôle des affaires familiales.
Première irritation.

La chambre correctionnelle du tribunal de Besançon le condamne le 11 mars 2022 à deux ans de prison, dont un ferme. Ce qui signifie qu’il ne mettra pas les pieds en prison, car l’année de prison ferme est aménageable.
Deuxième irritation.

Bien sûr on n’aime pas le principe de la punition. On aimerait mieux que cette personne soit accompagnée dans un processus de réparation. Mais cette condamnation nous rappelle que la justice ne juge pas ce qu’il s’est passé. Qu’elle juge une situation, un rang social, une condition. Et que la fonction de juge permet de s’épargner la prison.
Certains diront : « il a déjà été révoqué de la magistrature, la prison en plus ce serait une double peine ». Alors ceux qui n’ont rien, qui ne peuvent pas être révoqués, à part de la société, ceux-là seuls méritent la prison ? C’est peut-être pour cela qu’elle a été inventée après tout, la prison.
Bon, le juge fait appel. Et on vient d’apprendre que sa peine est allégée. Il ne prend que deux ans avec sursis.
Troisième irritation.

Ce genre de nouvelles ça a tendance à énerver.
Surtout quand on apprend ça par le biais de torchons comme le Bien Public. Oui, car le Bien Public, dans sa plus grande mansuétude titre : « un juge indélicat ».
Ben oui, rien de plus, une indélicatesse passagère. Oups, j’ai proposé à des gens de violer ma fille de 12 ans. Pardonnez mon indélicatesse !
Et le bobardier continue à caresser dans le sens du poil ce magistrat honorable ayant fait preuve d’indélicatesse : « Le juge dijonnais soupçonné d’avoir proposé sa fille de 13 ans pour des relations sexuelles à des inconnus sur internet ».
Alors le juge dijonnais est seulement « soupçonné ». Il a envoyé des messages, il a envoyé des photos, il a tout balancé aux flics, il a été jugé et condamné pour ça. Mais pour ce pisse-copie le juge n’est pas un être condamnable, il tout au plus « soupçonnable » !
Tant d’égards pour un pervers de la sorte ça laisse pantois.
Et pas un mot pour la fille. Comment elle a vécu cela, qu’en est-il de son sort ? Rien ne le dit et tout ce petit monde là s’en fout.



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