Retour sur le procès de B. au tribunal de Nancy pour l’incendie d’antennes-relais sur le Mont Poupet (Jura)


Jura

Sans avocat.e ni public, notre ami et compagnon B. écopait mercredi 19 mai de quatre ans de prison dont deux avec sursis pour l’incendie d’antennes-relais sur les hauteurs de Salins les Bains (Jura), en avril 2020. Quelques retours sur une nouvelle parodie de procès équitable et son traitement médiatique.

Ce mercredi 19 mai, notre ami et compagnon B. comparaissait au tribunal de Nancy pour l’incendie de deux antennes-relais sur le mont Poupet (Jura) le 10 avril 2020. Une vingtaine de personnes amies et de la famille était présente en soutien. Seuls son père et son frère furent autorisés à l’audience, le procureur prétextant la crise sanitaire, tandis qu’aux abords de la cité judiciaire une dizaine de policiers bloquait l’accès aux soutiens de B. Une audience à huis clos ce jour même où les foules affluaient pour retrouver terrasses et magasins, ce jour où Darmanin, policiers et politiciens claironnaient rapprochés dans les rues de Paris.

Le procès de B. pouvait donc se tenir dans une salle acquise aux arguments de l’accusation, où journaflics sont accueillis en VIP. C’est ainsi qu’un photographe de chats empoisonnés [1] et rédacteur pour l’Est Républicain assista à l’audience. Opposant droit à l’information au droit à l’oubli, il étale dans son article l’identité de notre compagnon et évalue de son « physique de basketteur ». Deux données assurémment primordiales à la compréhension du jugement ! Notons que sa romance, en partie reprise par l’AFP puis différents médias se passe bien de spécifier les coulisses et l’aberration d’un procès sans contradiction.

En effet deux semaines précédant le jour du procès, l’avocate de B. formula au tribunal par écrit une demande de renvoi, justifiée par son indisponibilité. Celle-ci précisant se tenir à disposition en cas de difficultés de report. Cette demande fut finalement rejetée à l’audience, B. se retrouvant contraint de faire face seul aux juges. A l’issue de cette mascarade, notre ami écope de deux ans de prison ferme et deux ans de sursis avec obligation de travail pour rembourser une amende de 91 000 euros. Une peine aux allures d’arme de dissuasion publique, surpassant les réquisitions du procureur.

Que l’avocate choisie par B. manque à l’appel ne semble donc pas une gêne pour les juges, s’assumant comédien.nes dans cette parodie de procès équitable. Étaient-illes davantage soucieux·ses de ne pas froisser les représentants des télécoms et de l’État venus pour l’occasion ? Sans présence de la défense et sans public, la machine judiciaire poursuit son œuvre punitive envers opposant·es aux autorités et à l’accélération technologique imposée. B. a d’ores et déjà fait valoir son souhait de faire appel du jugement.

La lutte et la solidarité continuent !
Des potos et potesses bisontin·es de B.



Notes

[1https://www.estrepublicain.fr/edition-de-nancy-agglomeration/2019/09/20/y-a-t-il-un-empoisonneur-de-chats-allee-de-la-gueule-du-loup
Entre la couverture du procès de notre ami et la paraphrase de récits préfectoraux autour d’une manif’ anti-nucléaire à Nancy, notre valeureux journaliste s’essaye au fait divers. Peut-être ferait-il mieux de se concentrer sur les trains qui loupent la gare de Marbache (17/09/2019) et sur l’attaque de chien de Chavigny (13/09/2019) ?

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