Une élection à venir...

Allez voter. Retour aux urnes. Participer à la vie de la cité par un scrutin. Faire vivre sa citoyenneté et la démocratie. S’exprimer tous les 5 ou 6 ans par un bulletin. L’exercice du devoir.
Pas cette année...

Je n’irai pas voter. Nous n’irons plus voter.

Une élection à venir. Absorbé·e·s par ce grand cinéma. Obsédé·e·s par ce vaste théâtre. Par ces jeux d’acteurs. Par ces rôles d’actrices. Regarder et tenter de comprendre en quoi consiste cette course effrénée au pouvoir. Ces querelles de style. Ces disputes programmées. Ces joutes médiatiques. Cette orchestration forcée de la liberté d’opinion et d‘opposition. Chaque pièce maîtresse à sa place. Une place pour chaque pièce. Des décennies d’organisation démocratique à respecter scrupuleusement. Bêtement. C’est-à-dire comme des bêtes. En quelques semaines, passer du statut d’humain au statut d’électeur et d’électrice. Devenir non plus une personne, mais un·e votant·e. Une cible. Stade suprême de notre responsabilité de citoyen et de citoyenne. Et toujours l’absence de sens. « S’ils sont si nombreux à vouloir la place, c’est qu’elle ne doit pas être si mauvaise que ça... ». Essayer de comprendre l’intérêt de ce système qu’est la démocratie représentative. Appareil confisqué par une poignée d’individu·e·s. Objet accaparé depuis trop longtemps par trop peu. Et pour trop longtemps. Pour 6 ans. Essayer de se rappeler l’origine de la sa création républicaine, de sa naissance dans le sang, de son itinéraire galvaudé et manipulé, jusqu’à sa chute dans la honte. Sentir le vent tourner. Observer la lassitude de notre entourage à l’égard des puissants et des élu·e·s. « Le retour à la vraie vie sera difficile pour eux… la perte du pouvoir ça fait souffrir.  ». La fin d’un cycle. La disparition d’une croyance. La chute d’un rêve. Plus personne ne représente personne. Pas dans ce système.

Ce système ? L’organisation des communes telle qu’elle nous est imposée aujourd’hui.

Sa gouvernance. Son administration. Son orientation. Sa gestion. Sa manière de s’ouvrir au monde. On entend : «  trop de responsabilités pour des gens comme eux ». Pour des personnes comme nous. On ne partage pas le pouvoir avec les populaires, les pauvres, les oublié·e·s, les marginaux ou encore les fragiles. On n’ouvre pas cette responsabilité au tout-venant, au lambda, à l’ordinaire. Nous. Dans le meilleur des cas, être relayé·e·s à la démocratie de quartier et aux commissions citoyennes : l’engagement au rabais, de seconde zone et sans risque. Au contrôle technocratique. Dans les espaces ou l’encadrement est assuré par les experts. Par ceux et celles qui savent. Car nous, modeste peuple du quotidien nous ne savons pas et n’avons pas conscience de l’intérêt collectif ou général. On entend de nouveau : «  il faut leur apprendre  ». Bêtement, toujours. C’est-à-dire comme des bêtes, encore. Nous montrer les codes. Nous montrer les règles. Nous donner les bons mots pour placer nos phrases au bon endroit pour bien nous faire comprendre la complexité et le sérieux de la chose. Le bien. Ils et elles veulent notre bien. Mais non. Assigné·e·s à une place. Nous ne voulons pas de cette place. « Ce ne sont pas les gens qu’il faut changer. Mais adapter les organisations et le modèle  ». Nous voulons prendre les places de choix et transformer chaque conseil en Assemblée. En finir avec les commissions et ouvrir au nombre, ouvrir au monde, ouvrir aux diversités. En finir avec les huis-clos. En finir avec les règles excluantes. En finir avec les procédures qui protègent le pouvoir de certain·e·s au détriment de tou·te·s. Repenser les systèmes. Reprendre des risques politiques. Toujours dans un souci d’égalité et de liberté, à l’heure des solidarités. Pour le bien commun.

En finir avec la privatisation de la commune. L’ouvrir.

Pour ces raisons, je n’irai pas voter. Nous n’irons plus voter. Nous repenserons et organiserons nos propres communautés au cœur de vos communes.



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