#38 Planning familial & santé des femmes



Où il est question de l’histoire du planning familial, de l’ouverture d’une section départementale à Dijon et d’une discussion autour de la santé des femmes aujourd’hui.

Dijoncter est accueilli sur les ondes de radio campus tous les mardis matins.
Toutes les chroniques audio sont à retrouver dans la rubrique « Sur l’onde ».

Chronique Dijoncter - #38 Planning familial et santé des femmes
Mardi 16 novembre 2021
Chronique pour Radio Campus Dijon

Pour aller plus loin :

Texte de la chronique

  • Tu fais quoi mercredi soir toi ?
  • Mercredi... Ah, je vais à une rencontre à la Bibliothèque de Dijon.
  • Ah ouai, c’est quoi cette rencontre ?
  • C’est autour de la santé des femmes aujourd’hui. Ça va parler de violences médicales, de consentement, de soins féministes. Ce genre de choses.
  • Oua, c’est pas souvent que ce genre de sujet est évoqué en public...
  • Ouai, là y’a deux personnes qui viennent parler de ça parce qu’elles ont écrit à ce sujet. Un médecin militant qui dénonce les violences gynécologiques et obstétricales et une journaliste qui a travaillé sur les ripostes face au pouvoir médical et à ses violences sexistes.
  • Trop cool, ça me donne envie de venir, qui c’est qu’organise ça ?
  • C’est le Planning Familial de Côte-d’Or.
  • Le Planning Familial... j’ai déjà entend parler mais je vois pas ce que c’est exactement.
  • Ce qu’on appelle Planning Familial, en France, c’est un mouvement, le Mouvement français pour le planning familial pour être précis. Il s’est structuré en association avec des groupes locaux dans 70 départements.
  • Mais comment c’est né ?
  • Tu veux que je te fasse l’historique ?
  • Ah ouai vas-y, j’adore les histoires !
  • À l’origine du mouvement, il y a une association de femmes créée dans les années 50 pour lutter contre les avortements clandestins, très dangereux pour les femmes à l’époque. Cette association est née dans les milieux féministes protestants, notamment chez les éclaireuses, les scouts féminines. Cette association met en place des formes d’éducation populaire pour donner des conseils autour de la sexualité, de la contraception et des naissances. Elle conteste une loi de 1920 interdisant l’avortement et la contraception. Cette loi faisait parti d’une politique nataliste mise en place suite à la première guerre mondiale quand l’état voulait forcer les femmes à avoir des enfants pour relancer l’économie.
  • Sympa les lois votées par les hommes !
  • Ouai, ben le Mouvement français pour le planning familial reprend le flambeau pour ces combats. Il est créé en 1960 et organise l’importation clandestine de produits contraceptifs. Le mouvement connaît beaucoup de succès, 5 ans après sa création il compte déjà 100.000 adhérent.es et presque 500 médecins prescrivent des contraceptifs illégaux dans les centres départementaux.
  • Parce que le mouvement a des centres à lui ?
  • Oui, le premier ouvre à Grenoble, le deuxième à Paris, et ça suit dans de nombreuses villes. À Dijon, par exemple, une antenne côte-d’orienne est créée en 1966. Elle prend de l’ampleur et son équipe comprend 48 conseiller.es en 1977 ! Ensuite le Mouvement se lance à fond dans l’éducation populaire autour de la sexualité. Il participe aussi à la création du MLAC, Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception, en 1973, milite ouvertement pour la légalisation de l’avortement et ouvre des cliniques d’avortement jusqu’à la promulgation de la loi qui dépénalise l’IVG en 1975.
  • Et qu’est-ce qui c’est passé à Dijon dans le mouvement ?
  • Ben il y a un collectif qui recevait des personnes qui avaient besoin de parler des questions liées à leur sexualité, qui accompagnait des personnes qui voulaient avorter, qui conseillaient en matière de contraception, ... Ça a duré jusque dans les années 1980, le collectif s’est dissous et pour parler de ces questions il n’y avait plus que des centres gérés par le département vers lesquels on pouvait se tourner en Côte-d’Or. C’est mieux que rien mais niveau féminisme et attention porté aux transidentités c’était franchement nul.
  • Alors maintenant il y a un nouveau groupe ?
  • Ouai, il y a un collectif qui s’est formé il y a deux ans dans le but de créer une structure qui appuie l’émancipation des femmes et des minorités de genre et qui accompagne les jeunes qui se posent des questions sur leur sexualité. Depuis quelques mois, un lieu d’écoute et d’orientation démédicalisé a été ouvert par le collectif à Longvic, au 43 route de Dijon. L’asso a aussi envie de renforcer les actions d’éducation sexuelle, notament en milieu scolaire.
  • Trop bien que ça ait réémergé à Dijon ! Et alors la discussion autour de la santé des femmes c’est quand déjà ?
  • C’est mercredi 17 novembre à 18h30. Ça se passe à La Nef, la bibliothèque à côté du grand théâtre à Dijon. Pour y participer il faut s’inscrire en ligne. T’as qu’a aller voir sur Dijoncter, il y a un article qui présente la rencontre avec un lien pour s’inscrire.
  • Ça marche, on se voit mercredi alors !


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