Octobre occupé

Les Tanneries sont devenues pour quelques mois une sorte de camping autogéré / camp de réfugiés. Au gré des chantiers pour organiser l’espace, des discussions rocambolesques et des repas partagés, des liens se tissent, des complicités s’approfondissent.

ÉDITO DU MOIS D’OCTOBRE

Ces derniers mois la vie aux Tanneries a été profondément chamboulée.

Le 11 juillet, la police expulsait nos voisins d’un hôtel occupé deux ans plus tôt, alors que des négociations étaient en cours avec le propriétaire pour acheter le bâtiment. Près de 80 personnes sont ainsi - quoiqu’en disent les déclarations officielles de la pref – jetées à la rue.

Nous décidons alors de les accueillir jusqu’à ce qu’une solution plus pérenne soit trouvée. Les Tanneries sont ainsi devenues pour quelques mois une sorte de camping autogéré / camp de réfugiés. Au gré des chantiers pour organiser l’espace, des discussions rocambolesques et des repas partagés, des liens se tissent, des complicités s’approfondissent. Non sans tension, la cohabitation se met en place et on apprend à se laisser déborder par un joyeux chaos et à s’organiser ensemble.

Mi-août un superbe bâtiment est à son tour réquisitionné Boulevard Stalingrad à Dijon. On reprend du souffle et à nouveau les migrants peuvent se projeter, ne plus penser au jour le jour. « Ici je pourrais
accueillir des amis et poursuivre mes études » nous disait ému l’un d’entre eux en nous montrant sa chambre après quelques jours d’occupation.

Mais dix jours plus tard, sans ordre judiciaire et donc hors cadre légal, la préfecture fait expulser à nouveau ce bâtiment ! Non seulement la préfecture ne remplit pas ses obligations en laissant les réfugiés sans logement, mais si ceux-ci ont la malchance de s’organiser avec des personnes les soutenant, elle fait du zèle et, débordant gravement ses prérogatives, les met à la rue !

Suite à cela, et malgré un certain abattement, les migrants sont revenus aux Tanneries jusqu’à ce qu’une solution plus pérenne soit trouvée.

Nous tenions ici à remercier toutes les personnes qui sont passées pour soutenir à leur façon : en partageant un thé, en donnant des couvertures et des tentes, en s’inquiétant du tournant ultra-répressif des institutions...

Nous vous invitons à poursuivre avec nous la lutte contre tous les racismes et pour continuer de déployer une solidarité sans frontière.
Soyez attentifs aux prochaines mobilisations.

Un logement digne pour tous et toutes !
Solidarité avec les exilé·es !