Agir contre le Contournement Sud d’Auxerre


Yonne

Après la suite d’un premier rassemblement le 17 septembre pour s’opposer au contournement sud d’Auxerre, des riverain·es viennent de créer le collectif « Contournement non » et appelle à un deuxième rendez-vous.

Pourquoi lutter contre le coutournement sud d’Auxerre

Parce que, sous le prétexte opportuniste de protéger les riverains des avenues de Lattre de Tassigny et Pierre Larousse des nuisances liées au flux massif de camion dans ce secteur de la ville d’Auxerre, il est envisagé de dépoussiérer un projet de contournement routier datant de 2002 (alors abandonné faute de budget, on comprendra pourquoi). La résurrection de ce projet implique la construction de diverses infrastructures dont un pont courbé au dessus de l’Yonne et et 6 à 7 ouvrages d’art. Le budget prévisionnel est estimé entre 95 et… 165 millions d’euros (fourchette d’or 2021), qui se répartissent d’une part en 25 millions d’euros pour la liaison entre RN 151 et RD 965 (3,6km), et d’autre part en 70 à 140 millions d’euros pour celle entre RN6 et RN151 (6,3km).

Le problème des nuisances
Nous sommes entièrement solidaires des riverain.es auxerrois.es victimes collatérales des nuisances sonores et du surcroît de pollution atmosphérique. Leur santé est en jeu. Mais que l’on ne nous fasse pas croire qu’il n’y a qu’un contournement routier comme solution à ce problème ! Le plus simple et le moins coûteux serait que la ville prenne un arrêté interdisant l’accès des camions à l’intérieur d’Auxerre.
D’autres grandes villes l’ont fait. Les camions continueront de circuler sur les grands axes existants, en particuliers autoroutiers plutôt que de bénéficier de nouveaux accès non payants leur permettant de contourner les autoroutes. Cette décision aurait pu être prise depuis plusieurs années s’il s’était seulement agi de penser aux habitant.e.s et à leur santé mise à mal.
Nous ne voulons pas que, sous le prétexte louable de désengorger le centre ville d’Auxerre, on refile le problème à d’autres secteurs, plus ruraux. La création de ce nouvel accès facilitant l’emprunt de la D965 impacterait inévitablement à la hausse la circulation au moins dans les villages de Villefargeau, Pourrain,Toucy, Mézilles, Saint-Fargeau, Lavau et Thou, en affectant donc d’autres riverain.e.s et habitant.e. s au total plus nombreux. Il fournirait même un accès fluide et gratuit aux camions
désireux de rejoindre directement l’autoroute A77 et nationale 7 depuis Auxerre.

Perdre des terres agricoles et augmenter les zones bétonnées
D’autre part, le trajet de ces routes prévoit de bétonner et d’enclaver des terres agricoles. Lors des épisodes caniculaires, qui (cette année mise à part !) vont être amenés à se multiplier, les villes les plus bétonnées et les moins pourvues de terres agricoles ou forestières à même de capter le carbone, deviennent des fournaises, avec les conséquences qu’on sait sur la santé des plus fragiles.
À l’heure de l’urgence climatique dont on nous parle en permanence, quand 220 revues médicales rappellent que « le climat ne peut attendre la fin de la pandémie », face à la nécessité de relocaliser les productions agricoles, est-t-il sensé de donner priorité à l’essor des longs transports routiers ? Est ce que ces dizaines voire centaines de millions d’euros ne pourraient pas servir à autre chose qu’à créer de nouveaux axes pour la circulation des camions.

À des projets plus utiles au bien être et à la santé du monde de demain ?

Et vous, avec plus de 100 millions d’euros d’argent public, qu’est ce que vous feriez ? Du béton pour les camions ?
Vous avez certainement des idées, non ? Avec une telle somme, ne préfèrerions-nous pas investir localement dans la santé, la culture ou l’éducation mises à mal par les politiques de restrictions et la pandémie ? Ou dans des projets agricoles locaux ? Ou penser la délicate question des transports pour et avec les habitant.e.s ? On peut aujourd’hui créer de l’emploi autrement, pas juste le temps d’un chantier et dans des secteurs plus utiles aux habitant.e.s et plus durables !

Récit du rassemblement du 17 septembre

"Ce fut une belle après-midi, certes ensoleillée, mais surtout ponctuée de belles rencontres. Notre nombre ne pouvait rivaliser avec notre grande détermination, mais rarement par le passé la majorité n’a fait fait basculer l’histoire.
Ce rassemblement s’est plus transformé en action. Nous avons redécoré le rond-point par tout un tas de messages et de panneaux routiers, nous avons tracté et été applaudis par certaines personnes, et avons même parlé avec deux représentants d’Arti89 (association d’auxerrois souffrant du transport routier).
L’échange a été cordial, et nous avons l’impression que nous sommes arrivés à la conclusion que déplacer et augmenter le problème chez les autres n’était sans doute pas la solution.
Nous réaffirmons notre soutien aux habitant.e.s victimes du bruit et de la pollution des avenues de Tassigny et de Larousse, car aussi nos villages souffrent des mêmes maux (alors qui sait, peut-être des actions communes pour dénoncer le grand transport routier ?).
Enfin, aidés par la gendarmerie et le PSIG (oui oui), nous avons quitté le rond point (il en allait de notre sécurité).
Et nous avons créé le collectif « contournement non ». Notre détermination a germé, arrosée par la conviction que dans ce projet réside l’avidité vorace de celles et ceux qui depuis toujours décident, puis détruisent la vie.
Il ne peut y avoir de compromis, il n’est plus temps de compromis, nous brûlons, nous nous noyons, et dans notre instinct le plus humain, nous nous battrons."

Communiqué du 23.09.21 du Collectif organisateur « Contournement Non » :

Atelier "Pancartes Contourne-Ment" et stage de grimpe militante

Lundi 11 octobre à 9h30 à Toucy (info sur le lieux de rdv écrire à contournementnon [at] riseup.net)

En vue d’une randoactions (mi ou fin octobre) d’information sur le bétonnage des terres agricoles et forestières [1].

Vous êtes invité-e-s à un atelier « Pancartes Contourne-Ment » le lundi 11 octobre à partir de 9h30 à Toucy suivi d’un picnic tiré du sac. Nous serons hors d’eau hors d’air mais pas chauffés. Pour ceux et celles intéressés par un ateliers grimpe venez avec de bonnes chaussures et baudrier si possible (prêt possible de baudrier sur place).

— Apportez de très gros feutres de couleur, bombe de peinture, cutter, ciseaux nous avons les supports mais si vous avez de vieux draps blanc c’est chouette
— Mijotez des slogans, dessins... en brouillons que vous partagerez.
— Donnez vos informations secrètes.
— N’oubliez pas vos boissons préférées, chaudes ou fraîches, un casse-croûte !

Si tu es « des terres minés » par ce projet sensible à la destruction de notre environnement ou contre le transport routier dans nos villages tu es le bienvenu.

Contact : contournementnon [at] riseup.net



Notes

[1Surfaces forestières : - futaie = 0,5 hectares

  • taillis = 1,5 hectares
  • bois = 6,5 hectares
  • eaux 7500 M²
  • peuplerais 7,1 hectare
    surfaces agricole (cumul prairie champ) = 169 hectares
    les surfaces ci-dessus ne prennent pas en compte l’enclavement des terres

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