[Besançon] Steven Fasquelle, dernier des mohicans Lepéniste


Doubs

Responsable des jeunes lepénistes et assistant parlementaire, Steven Fasquelle avait tout pour briller. Il ne lui manquait que la compagnie de ses ex-camarades du RN, presque tous partis chez Zemmour. Qu’à cela ne tienne, l’épopée militante s’est poursuivie à travers la Cocarde Étudiante. Pour le meilleur, et surtout le pire. Connivences néonazies, agressions politiques, symboles suprématistes... jusqu’où le cadre a t-il fermé les yeux sur ses compères ?

Une vitrine idéale

Steven Fasquelle, c’est un petit notable du Pays de Montbéliard actuellement en quatrième année de pharmacie. Adhérent de longue date au Rassemblement National, il en est devenu le renouveau vertueux à travers de multiples casquettes : conseiller municipal à la mairie rurale de Flagey-Rigney (près de Baume-les-Dames), dirigeant départemental de « Génération Nation » et de « les Jeunes avec Marine », et bien sur candidat à de multiples scrutins (municipaux, cantonaux, régionaux…). Avec l’élection du Député Emeric Salmon dans la seconde circonscription de Haute-Saône, il ajoutera même la prestigieuse fonction d’assistant parlementaire le 22 juin 2022.

Un pari pour le moins singulier, quand dans le même temps l’ensemble de ses petits camarades de promotion étaient partis voir si l’herbe était plus verte ailleurs. En l’occurrence c’est dans la prairie d’Éric Zemmour que nombre d’entre eux s’étaient retrouvés, à l’instar de Théo Giacone, Etienne M., Jean-Baptiste Batifoulier, Quentin le Derout, ou encore Enzo Archambault. Un basculement de staff mais aussi de méthodes, la cohorte s’illustrant alors rapidement dans des exactions parfois graves… comme lors de l’attaque du meeting de Philippe Poutou le 9 mars 2022, donnant lieu à des interpellations et une condamnation pour violences aggravées [1].

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Steven Fasquelle et Théo Giacone, le 24 novembre 2021 à Besançon.
Un compagnonnage déroutant

Bien documentée dés sa commission, cette agression et ses auteurs étaient parfaitement connus. Un précédent qui montera crescendo, le même groupe instaurant des camps d’entraînements paramilitaires, l’emploi de menaces contre des opposant.e.s, ou l’encadrement de la propagande encagoulés et armés [2]. Avec à sa tête Théo Giacone, ancien ténor du RN illico mis à la porte après que ses accointances néonazies aient été révélées [3]. Personnellement mis en cause dès le 10 janvier 2022 dans le cadre de sa participation au syndicat la « Cocarde Étudiante », Steven Fasquelle ne pouvait ainsi méconnaître ce climat délétère qui se confirmera dans le temps [4].

Mais apparemment rien de rédhibitoire donc, puisque le jeune homme va continuer d’œuvrer pleinement avec ses ex-collègues au sein de l’organisation universitaire. Jusqu’au 24 mars 2022, comme nous le révélons parallèlement dans un article consacré au dénommé Etienne M. En marge d’une énième mise en scène photographique, celui-ci exécute clairement un double signe « OK. » Considéré de longue date comme un symbole suprématiste signifiant « White Power » [5], il fut repris par l’alt-right, les soutiens de Donald Trump durant l’assaut du Capitole, les terroristes Brenton Tarrant et Philip Manshaus, et même Marine le Pen avant de le décrier [6].

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Etienne M. exécutant un double geste « OK », Steven Fasquelle à sa gauche.
Laver plus blanc que blanc

Comment Steven Fasquelle peut expliquer sa proximité avec de tels activistes, écartés pour leurs manquements répétés et alors que leurs forfaits se succédaient de façon visible… et assume t-il toujours ce cliché diffusé publiquement sur les réseaux sociaux de la « Cocarde Étudiante », le bras droit soutenant un Etienne M. réalisant devant ses yeux l’emblème de tueurs de masse et d’émeutiers racistes ? Une position embarrassante à laquelle nous n’aurons aucune réponse, pour celui qui n’hésitait pas – sans ironie – à rejeter dans le même temps la qualification « d’extrême-droite » et à s’approprier l’étiquette de « centre gauche » lors d’une interview convenue [7].

Car la suite de cette histoire, elle prolonge la trame exposée. Le 21 novembre dernier, une statue de Victor Hugo a été saccagée par des anonymes. Ceux-ci entendaient protester contre la reprise de son écrin noir d’origine, en assumant le caractère orienté de leur atteinte. « Une belle couleur blanche, bien française, bien bisontine, bien 19e siècle » revendiquera un site ultranationaliste. Le tout s’accompagnant d’un cliché in situ, avec deux bras tendus et une pancarte « White Power » frappée de croix celtiques. Derrière ce vandalisme, Théo Giacone et Etienne M. « La politique dénature et ruine l’amitié » disait Tahar Ben Jelloun… qu’en pense aujourd’hui Steven Fasquelle ?

Ourson grognon.



Notes

[1Toufik-de-Planoise pour Kawa TV, édition du 10 mars 2022 : « Besançon : le meeting de Philippe Poutou attaqué par des néonazis » (lien) ;

[2Dijoncter, édition du 10 janvier 2022 : « Un cadre du Rassemblement National affiche sa proximité avec la mouvance néonazie » (lien) ;

[3Toufik-de-Planoise pour Kawa TV, édition du 30 mars 2020 : « Chants racistes, croix gammées, expéditions punitives… immersion dans les rangs de Génération Z Bourgogne/Franche-Comté » (lien) ;

[4Toufik-de-Planoise pour Kawa TV, édition du 10 janvier 2022 : « Les syndicats étudiants vent debout contre l’implantation de l’extrême-droite à l’UFC » (lien) ;

[5Perrine Signoret pour Numerama, édition du 30 septembre 2019 : « Le geste « OK » fait désormais partie d’une liste de symboles considérés comme haineux » (lien) ;

[6Felicia Sideris pour TF1, édition du 15 mai 2019 : « Que signifie le geste "OK" reproduit par Marine Le Pen sur un selfie avec un suprémaciste estonien ? » (lien) ;

[7Louise Jeannin, Keziah Cretin et Hugo Petitjean pour la Loop, édition du 4 avril 2022 : « Les jeunes militants politiques : Steven Fasquelle soutient Marine Le Pen et « sa présence certaine au second tour » » (lien).

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