Le 28 mai prochain, le Sénat examinera le projet de loi des Républicains visant à interdire toute transition médicale aux mineur·es. L’objectif est clair : retirer aux mineur⸱es trans le droit à disposer de leur corps. Il s’agit aussi de revenir sur l’interdiction des thérapies de conversion votée il y a deux ans. Et ce projet n’est pas un acte isolé. Il s’inscrit dans une période réactionnaire et répressive permettant la radicalisation de la transphobie.
Le rapport sur lequel se base ce projet de loi est un fiasco. La rédaction a été déléguée à deux militantes anti-trans, Caroline Eliacheff et Céline Masson. Cette nouvelle séquence parlementaire ouvre la voie à une escalade transphobe : le Rassemblement National s’est empressé de déposer lui aussi une proposition de loi. Notons également la publication de “Transmania” par Dora Moutot et Marguerite Stern, militantes transphobes qui font à présent une tournée dans les facs organisée par l’extrême-droite étudiante.
Aurore Bergé a déclaré que le gouvernement s’opposerait “fermement” à la proposition de loi LR. Un revirement suspect après avoir reçu en tant que députée les militantes anti-trans Marguerite Stern et Dora Moutot en 2022. Ce même gouvernement a nommé des militant·es de La Manif pour tous à des postes ministériels et normalise les discours anti-trans.
Ce projet de loi s’inscrit dans la continuité d’un agenda politique réactionnaire, marqué par des attaques sociales, la loi Immigration et la répression des voix qui dénoncent le génocide du peuple palestinien. Par conséquent, nous n’avons aucune confiance dans ce gouvernement pour protéger nos droits. Au contraire, il participe activement à les détricoter, pavant la voie à la montée de l’extrême-droite.
Nous nous battrons pour :
- Une transition dépsychiatrisée, libre et gratuite pour les personnes majeures et mineures.
- Pour un changement d’état civil libre et gratuit, et à terme la suppression de la mention de sexe à l’état civil.
- L’accès à la PMA pour toutes les personnes trans.
- L’arrêt des mutilations sur les enfants intersexes.
- Des moyens massifs pour les services publics afin d’assurer l’accès réel à l’IVG, aux transitions et à la contraception.
- Une éducation aux questions de genre et de sexualité prise en charge par les travailleurs-es de l’éducation, de la santé, ainsi que par les associations queer et féministes.
- L’abrogation de toutes les lois répressives : loi immigration, loi de pénalisation du client du 13 avril 2016, et l’amnistie de tous les réprimé·es du mouvement de solidarité avec la Palestine.
Les 4 et 5 mai dernier nous étions au moins 25 000 à nous mobiliser dans près de 50 villes en France à l’appel d’une tribune signée par plus de 1900 personnalités et organisations associatives, syndicales et politiques. Cette réussite est un premier pas, qui a démontré la force d’un front large contre la transphobie et l’extrême-droite.
Le 17 mai, nous appelons à l’organisation d’actions, de rassemblements mais aussi d’assemblées générales dans chaque ville, ouvertes aux personnes organisées et non organisées, pour débattre et s’approprier notre appel pour construire un front large contre la transphobie et avec en ligne de mire l’organisation d’une nouvelle journée de mobilisation nationale le weekend du 25-26 mai prochain.
RDV le vendredi 17 mai à 16h30 à Darcy pour la riposte trans & féministe contre la transphobie d’État et l’extrême droite !
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