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Lacrymo vs sit-in : où est la violence ?



Retour sur l’action de sit-in pacifique du jeudi 6 avril en fin de manifestation et sur la violente réponse des forces de l’ordre.

Lors de la manifestation du jeudi 6 avril 2023 à Dijon, plusieurs organismes et mouvements de désobéissance civile non-violents parmi lesquels Extinction Rebellion Dijon ont réalisé une action contre les violences policières. Cette action a pris la forme d’un sit-in pacifique, fleurs à la main, devant les forces de l’ordre à la fin de la manifestation dans la rue Chabot Charny.

En effet, depuis plusieurs semaines, les personnes qui militent et manifestent sont victimes de nombreux gazages à Dijon comme ailleurs. Quand ce ne sont pas des grenades de désencerclement ou autres LBD qui éborgnent un militant de Sud Rail à Paris, arrachent un doigt à une manifestante à Rouen ou vont jusqu’à mettre deux personnes dans le coma suite à la manifestation de Sainte-Soline (l’une ayant son pronostic vital toujours engagé près de deux semaines après l’évènement). Cette violence nous touche tous et toutes, nos jeunes sont mis à mal, les journalistes sont également pris à partie, la désescalade de la violence policière qui devrait être la priorité n’arrive pas. Pire encore la répression se fait de plus en plus forte à mesure que les manifestations se succèdent.

Dans ce cadre, notre action avait donc pour but de dénoncer la violence d’un état qui fait usage de la force face à des personnes qui exercent leur droit à manifester. Egalement de lancer cette désescalade que nous appelons de nos voeux.

Malheureusement, force est de constater que la non-violence n’était que d’un côté et que cette main tendue n’a pas été saisie. Après quelques salves de lacrymogènes lancées sur quelques manifestant·es devant, c’est la ligne assise, fleurs aux mains, qui fut gazée à foison. Plusieurs personnes participant au sit-in se sont retrouvées noyées sous les gaz lacrymogènes émis par des palets incandescants. Palets qui iront jusqu’à être lancés directement sur les corps des manifestant·es pacifiques certain·es recevant les objets brûlants sur leurs jambes ou leur tête. Le coeur est lourd de voir ces images de personnes assises, fleurs à la main, mains levées, toussant et pleurant dans des nuages de gaz. Nous devons nous rendre à l’évidence : la police gaze sans distinction les manifestant·es pacifiques et celleux dont la colère légitime déborde.

Si nous prenons la parole pour expliquer cette action et ce qui s’est déroulé c’est que nous sommes extrêmement inquiet·es suite à cette nouvelle ligne rouge franchie par les forces de l’ordre. Comment peut-on en arriver à faire usage de la force et de lacrymogènes sur des personnes pacifistes et non-violentes ? Nous nous demandons jusqu’où cela va aller et, disons-le clairement, nous avons peur. Peur car toutes les méthodes pacifiques échouent et que la société est à feu et à sang laissant la place belle aux violences et aux autoritarismes. Peur de ne plus se sentir, en France, dans un état de droit, un état démocratique, le beau pays des droits de l’Homme. Peur que l’escalade ne s’arrête pas ou alors trop tard et que l’issue soit fatale.

Nous avons décidé de transmettre les témoignages que nous avons et les images dont nous disposons à la Ligue des Droits de l’Homme afin de documenter leurs réflexions et analyses dans le cadre des manifestations actuelles en France. Nous ne nous laisserons pas faire et continuerons nos actions de désobéissance civile non-violente jusqu’au retrait de cette réforme, pour une justice sociale et climatique.

Extinction Rebellion Dijon



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