Séjour de cohésion SNU : entre inepties, pépites et inquiétudes

Roulements de tambours, trompettes bouchées, drapeau à l’envers, uniformes trop petits (ou trop grands), pieds mal chaussés, oui le SNU c’est dans même pas une semaine ! Solidaires et d’autres syndicats appellent à la grève et à la mobilisation lundi 21 juin.

Communiqué de Solidaires Jeunesse et Sports

Tout d’abord, nous demandons l’abandon du SNU depuis son « lancement » médiatique car nous considérons que ce dispositif de formatage de la jeunesse n’a pas lieu d’exister et certainement pas d’être « accompagné » par les services « Jeunesse et Sports ». De plus, nous estimons que le budget alloué de plus de 60 millions d’euros en 2021 est une aberration au regard des besoins exprimés par le secteur associatif après la crise que nous venons de traverser. Surtout, nous découvrons que ce « budget SNU » est bien plus élevé que l’enveloppe officielle ! En effet, nous pouvons affirmer que dans de très nombreux territoires, pour ne pas dire la majorité,le Fonds pour le Développement de la Vie Associative (FDVA) a financé de multiples demandes liées au SNU (achat de rangers, de matériel pour les MIG, etc) –mais pas que, avec l’accord des directions. C’est autant d’argent qui ne va pas au soutien du développement de projets associatifs !

Mais le budget n’est, malheureusement, pas la seule des inepties relatives au SNU en 2021.
Que dire de l’attribution aléatoire dans les centres d’uniformes qui ne tiennent pas compte de la taille des jeunes ? Certain.e.s seront serré.es jusqu’à étouffer, d’autres pourront se mettre à plusieurs pour remplir l’habit. Les activités physiques vont avoir fière allure... Nous ne pensions pas voir si juste lorsque nous parlions de la 7 ème compagnie.

Aussi, vous le savez, la France est un territoire aux reliefs multiples. Logiquement, grand nombre de territoires notamment montagneux ont demandé à ce que le « trousseau » des jeunes soit augmenté de vêtements chauds. La réponse de la Mission SNU (MPSNU) est la suivante : fin de non-recevoir. Voilà ce qu’est un dispositif au service des jeunes, voilà ce qu’est « le phare des politiques de jeunesse ». Ne désertons pas, luttons.

Intermède de lecture, ou florilège de pépites entendues sur le SNU ces derniers jours.

Il faut « séparer les Gaulois des autres », cette personne est un futur chef de centre. Un autre déclame dans une intervention pleine de lyrisme « le SNU c’est la privation de liberté ». Autre formule de bienveillance, « on va bien les occuper, ils n’auront pas de temps pour eux ». Ou « on va les faire suer, ils ne sont pas prêts ». Ou « même moi, je ne comprends pas comment va fonctionner l’acheminement des jeunes ». Voilà ce que pourrait devenir l’ACM version Etat...

Inquiétudes, vous voilà

Au sujet des inquiétudes, multiples, nous tenons à encourager les collègues à surveiller de très près ce qui va se dérouler pendant les séjours de cohésion et d’intervenir si besoin.
Nous savons que les formations des « cadres SNU » n’ont pas été exemplaires en termes d’assiduité, laissant présager une prise en compte des mineurs somme toute relative.

Nous savons que plusieurs personnes revendiquées d’extrême-droite ont tenté de devenir « cadres SNU ». Des collègues ont informé les directions du risque ! Mais à regarder les pépites se trouvant plus haut, nous pouvons estimer que certaines ont réussi à être recrutées. De dispositif de formatage, souhaitons qu’il ne finisse pas en Chantier de la Jeunesse Française.

Nous savons que, malgré les préconisations suite à l’évaluation de l’expérimentation de l’INJEP, certains emplois du temps sont surchargés avec des réveils imposés à 6h30, suivis d’activités physiques avant même le petit-déjeuner du matin pour une fin de journée aux alentours de 22h. Le risque de mise en danger des jeunes est immense, nous ne pouvons pas le cautionner !

Nous savons que les équipes « d’encadrant.e.s » sont constituées de très peu de personnes qui disposent de diplômes d’animation mais ont surtout des équivalences (comme des licences STAPS). Pouvons-nous parler de sécurisation des publics accueillis comme exigé dans l’ensemble des ACM sur le territoire ?
Nous savons que ce dispositif est si bien préparé, si enthousiasmant, que nous assistons à un mouvement de désistement des encadrant.e.s, notamment chez les tuteurs.trices de maisonnées, mais aussi chez certains chef.fe.s de centre. Là encore, il y a de grosses inquiétudes à avoir.
Pour rappel, la « phase-test » de 2019 avait vu des exclusions de jeunes, un constat de sous-nutrition dans un centre ayant nécessité l’intervention de collègues JS, une ribambelle d’insolation et une cascade de malaises.
Nous sommes inquiet.e.s de l’impréparation générale due exclusivement à la MPSNU qui fournit les
informations à la dernière minute sans tenir compte des exigences en vigueur pour un ACM. Une nouvelle fois, l’Etat n’est pas exemplaire, il revient donc à nous, agents de JS, de veiller à la bonne prise en charge d’un dispositif décadent.
Vivons nos métiers comme ils doivent l’être, à savoir sur le terrain, au service de l’Education Populaire !

Plutôt que de gaspiller « un pognon de dingue » dans cette hérésie, nous demandons à l’Administration :
• l’arrêt immédiat du SNU et la réorientation de son budget aux différentes politiques publiques de
soutien à la vie associative et à la jeunesse ;
• la mise en place d’un plan de recrutement ambitieux pour répondre aux besoins des usager.e.s. ; et
• qu’une réflexion soit entreprise par le gouvernement pour recréer un Service Public Jeunesse et
Sports au service de l’intérêt général et de mener des politiques publiques coopératives.
Nous invitons l’ensemble des collègues :
• à participer aux différents comités locaux contre le Service National Universel
• à mobiliser nos partenaires
• et surtout à rejoindre la mobilisation JS DEBOUT.

Avec d’autres syndicats nous lançons un appel à la grève et manifestation le 21 juin, symboliquement le premier jour des séjours de cohésion.

📢 Manifestation à PARIS : Rendez-vous le 21 juin à 12h devant le ministère Jeunesse et Sports, 95 avenue de France Paris 13e (métro 14, arrêt Bibliothèque François Mitterrand).

En Bourgogne - Franche-Comté, les séjours de cohésion se dérouleront dans 9 « centres » :
 
Les enfants du métro 21150 MÉNÉTREUX-LE-PITOIS
Lycée Agricole Granvelle 2, 25410 DANNEMARIE-SUR-CRÈTE
Lycée agricole de Montmorot 39570 MONTMOROT
LEGTA Challuy 58000 CHALLUY
Lycée Belin 70000 VESOUL
LEGTA de Fontaines 71150 FONTAINES
Espace Saint Ex . FJT et Centre de séjour international 3 Rue Saint-Exupéry 71400 AUTUN
Lycée Agricole Auxerre La Brosse 89290 VENOY
Lycée Raoul Follereau 3 rue Louis Marchal 90000 BELFORT


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