À nos ami·e·s invisibles

Mon corps

Oui le sensible est magnifique ;
est même bien plus que ça,
donne un goût électrique, quand on lui tend le bras.

Mais peut-on sérieusement parler d’évidences ?
Admettons
Moi, ça me fait penser à ces moments où je sais comme instinctivement ce qui est bon pour moi, de quoi mon corps doit se nourrir.

Alors je ne peux parler que de mes évidences sensibles.
Non prétendre connaître celles des autres
et encore moins qu’elles soient les mêmes que
les miennes.
Dans un prétendu monde magique
mes joies, mes souffrances,
seraient communes aux autres.

En fait, ce monde ne serait même pas souhaitable,
désirable.

·

Nous ne formons pas un seul corps.
Le mien n’est pas le tien,
à cela il est nécessaire, de consentir.

·
Et ça n’a rien de triste !
Au contraire ça me grise,
car sans cette séparation,
pas de rencontre possible.

·
Aux pulsions fusionnelles,
qui toujours détruisent,
et chantage affectif, s’insinue dans l’emprise ;

Y opposons la joie,
de notre solitude
Ce beau sensible à soi,
une certaine attitude

La peau enfin redécouvre,
comme sa propre douceur,
Le contact du toucher,
seulement si sans malheur.

On pourrait même atteindre,
Une telle présence à soi,
Arrêter même de craindre,
L’abandon, celui-là.


P.-S.

Chaque dimanche matin un nouveau texte paraîtra dans cette chronique.
Pour les retrouver tous, ça se passe ici.