[Besançon] 400 personnes occupent une parcelle menacée sur les jardins des Vaîtes !


Doubs

Ce samedi était le coup d’envoi de la saison 3 des Soulèvements de la Terre. En dépit de la neige battante, quelques centaines de personnes se sont rassemblées à Besançon pour occuper des parcelles promises à la bétonisation par un projet de quartier aujourd’hui porté par la mairie « verte ».

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Les manifestant.es s’étaient donné.es rendez-vous dès 9h devant la chambre d’agriculture, du toit de laquelle une banderole xxl « La Terre tremble ! » a été déployée par le groupe XR local. Des paysans.es, jardinier.es et habitant.es du Doubs et d’ailleurs sont ensuite parti.es avec 2 tracteurs et un paquets d’outils, en direction des jardins des Vaîtes, pour y investir une parcelle encore inoccupée et y lancer de gros travaux agricoles.

Une des objectifs majeur de la journée était de donner un coup d’envoi à une installation maraîchère destinée à fournir en paniers de légumes les habitant.es du quartier et sur laquelle s’engagent deux jeunes femmes pour une première saison ! Juste à côté des bandes de terres ont été travaillées et une caravane-outil posée pour y offrir des espaces de potagers collectifs à des voisin.es qui n’avaient pu en bénéficier jusqu’ ici.

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En une journée à peine, la parcelle a été travaillée, paillée, clôturée, décorée...

Des oignons et des patates y ont été plantés, ainsi qu’une cabane de travail a été construite. Encore une fois, l’impact direct d’une foule de main réunies par un projet commun est saisissante.

Entre le week-end dernier aux bassines et celui-ci aux Vaîtes, les Soulèvements de la Terre ont dansé sur leurs deux pieds : la cohorte de pelles et pioches qui creusaient de conserve la semaine dernière pour démonter la canalisation destinée à alimenter une méga-bassine dans les Deux-Sèvres servaient ce samedi à mettre en culture des terres menacées et y implanter un projet paysans.

La naissance de cette AMAPirate peut être saluée à ce titre comme l’occupation de terre la plus conséquente et à la visée la plus pérenne menée jusqu’ici par les Soulèvements de la Terre. Elle n’a rien d’anodin car sur d’autres portions de territoires résistants, la zad de Notre-Dame-des-Landes avec l’installation en manif de la ferme maraîchere du sabot en 2011 ou bien aux Lentillères à Dijon avec l’installation du jardin des maraîchers en 2012, des initiatives de ce type ont pu être des moments charnières. Elles sont un moyen puissant de s’enraciner sur les lieux que nous défendons, autant que des structures écoles à même de susciter des vocations paysannes.

Cette action intervient tout juste un an après la première mobilisation des Soulèvements de la terre qui sétait déroulé aux Vaîtes. Elle dénote de la montée en determination des « sorcières des Vaîtes » alors que la Mairie vient de tenter d’apaiser la contestation en revoyant une première fois son projet de bétonisation à la baisse.

Elle reflète la volonté ferme des défenseur.euse.s des jardins de ne pas en rester là et de sauver l’ensemble des parcelles fertiles.

Pour les Soulèvements de la terre, et comme avec la suite d’actions contre les bassines, cette nouvelle étape aux Vaîtes marque notre ambition de revenir sur certains fronts pour y creuser, avec leurs acteurs et actrices, les moyens d’obtenir des victoires.

Le rassemblement s’est poursuivi l’après-midi par une assemblée qui ouvrait les assises des jardins populaires en lutte. En effet, aux Vaîtes comme aux Jardins d’Aubervilliers, aux Lentillères de Dijon comme à la friche Saint-sauveur de Lille, aux Jardins Joyeux de Rouen comme à ceux de Tourcoing et de la Haguette : les jardins populaires urbains sont menacés un peu partout par la bétonisation.

Ces rares espaces de nature, de jardinage et de sociabilité libre et non-marchande possibles pour les citadin.es sont attaqués au prétexte d’éco-quartiers, de Jeux Olympiques et autres projets immobiliers. Ils portent avec les Vaîtes un soucis commun de faire rempart au phénomènes de gentrification et sont en recherche d’une écologie par et pour les habitant.es les plus précaires.

Tout au long du dimanche, les collectifs de défense de ces jardins populaires ont envisagé comment coopérer jusqu’à l’abandon des projets adverses - comme aux Lentillères il y a 2 ans ou aux Jardins d’Aubervilliers tout récemment. Ils se sont doté d’outils communs pour renforcer les occupations, les leviers juridiques, leurs imaginaires et réseaux.

Que vivent les Vaîtes, sans amputations aucune ! Et à bientôt pour les prochains rendez-vous de la saison 3 des Soulèvements de la Terre.

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