[Besançon] Pour l’extrême-droite, le parasitage du 1er mai tourne au fiasco


Doubs

Lors de l’édition du 1er mai 2022 à Besançon, les principales officines d’extrême-droite se sont mobilisées. Pour leurs militants, il n’était pas question de laisser la gauche monopoliser les rues et les médias. Mais d’une prétendue démonstration de force affirmée sur les réseaux sociaux à grands renforts de montages vidéos, on retiendra surtout un véritable naufrage. Ils étaient dix, peut-être quinze. Certains de la région, d’autres venus depuis la Bourgogne pour l’occasion. Leur exploit ? Pour les uns, une mise en scène de quelques minutes, dans une artère déserte, sous lourde protection policière. Pour les autres, une tentative d’infiltration du cortège, se soldant par une éviction humiliante et par un sauvetage de la BAC.

Exister à tout prix.
Ce dimanche 1er mai à Besançon, 1 500 à 2 000 personnes ont pris part au traditionnel défilé de la « journée internationale des Travailleurs. » Une date familiale et revendicative, incluant un cortège révolutionnaire très fourni cette année. La bonne ambiance n’a été troublée qu’un bref instant, lorsque quelques activistes d’extrême-droite ont tenté de perturber l’événement. Place du Huit-Septembre peu avant midi, un groupe passé par le RN puis chez Zemmour [1] débarque avec banderole et fumigènes. Une exaction qui démontre s’il le fallait leur absence de prise dans la ville, étant comme souvent réduits à parasiter le calendrier social. Déterminés à ce que la mise en scène ne souffre d’aucune contrariété, nos chevaliers blancs avaient prévus des chaperons de tous ordre.

Tandem d’éclaireurs en amont, équipe de néonazis enrôlés pour faire tampon, mais surtout policiers appelés afin de dresser un barrage entre le cortège et le happening. Dans une rue vide, coupée par un lourd dispositif sécuritaire, et distante d’une cinquantaine de mètres des protestataires, notre poignée de clampins a pu allumer plus d’artifices - couleurs rouges et noirs - qu’elle n’avait de militants, avant d’être interrompue au bout de trois minutes. Se confronter aux gauchistes devient enfin possible, merci le 17 et Windows Movie Maker. Une scène à ce point lamentable, que même des internautes nationalistes ont du tempérer leurs comparses comtois : « ça faisait un peu pitié d’être 4 surtout vu le nombre de militants GZ dans le département » concède notamment l’un d’eux.


Derrière le mythe aryen, une sensation de malaise.


La bravoure comme boussole.
Côté gardiennage de ce hallali on retrouve les « Vandal Besak » et les « Infréquentables Dijon », une affiche qui cache péniblement un comité tupperware en cabine téléphonique. Ils sont cinq au total, dont les locaux Alexandre Meuret et Florent Gaillot. Le premier sera bientôt jugé pour l’attaque d’un meeting du NPA le 9 mars dernier [2], ayant agressé un spectateur... avant de prendre la fuite avec ses six complices, devant la résistance du bonhomme. Quant au second, il est mis en cause pour des violences survenues lors d’une manif’ anti-pass sanitaire le 17 juillet dernier [3]. Ils étaient une bande de neuf, auteurs et complices, a avoir frappé une jeune femme, isolée et par surprise, soupçonnée d’avoir des sympathies anarchistes. En somme, des parcours valeureux.

Ce 1er mai 2022 ils ne s’arrêteront pas en si bon chemin, étant cette fois constamment accompagnés dans leur besogne par trois membres de la BAC. Entre le partage de valeurs autoritaires et les soirées communes au Madigan’s, peu s’étonneront de ces collusions. « ACAB », mais pas trop quand même. Contrairement à ce que rapporte de façon lamentable « l’Est Républicain » [4], les fonctionnaires n’interviendront qu’après six minutes de récréation… et que lorsque leurs protégés se feront dégager par la foule, craignant pour leur intégrité et leur ego. L’un d’eux essuyant par exemple, au sens propre, un splendide crachat lâché sur sa face. Une humiliation que leurs compères communicants ne voulaient pas risquer d’exposer, sous peine de passer pour des bouffons. Raté.


PNG - 1 Mo
Flics et nazillons, copains comme cochons.




Notes

[1Toufik-de-Planoise pour « Kawa TV », édition du 30 mars 2022 : « Chants racistes, croix gammées, expéditions punitives… immersion dans les rangs de Génération Z Bourgogne/Franche-Comté » (https://www.kawa-tv-info.fr/chants-racistes-croix-gammees-expeditions-punitives-immersion-dans-les-rangs-de-generation-zemmour-en-bourgogne-franche-comte/) ;

[2Toufik-de-Planoise pour « Kawa TV », édition du 10 mars 2022 : « Besançon : le meeting de Philippe Poutou attaqué par des néonazis » (https://www.kawa-tv-info.fr/besancon-le-meeting-de-philippe-poutou-attaque-par-des-neonazis/) ;

[3Toufik-de-Planoise pour « Radio BIP »/« Média 25 », édition du 16 août 2021 : « Pass sanitaire : à Besançon, les manifestants se désolidarisent d’un groupuscule néonazi » (https://radiobip.fr/site/blog/2021/08/16/pass-sanitaire-a-besancon-les-manifestants-se-desolidarisent-dun-groupuscule-neonazi/) ;

[4Valentin Collin pour « l’Est Républicain », édition du 2 mai 2022 : « Des militants d’extrême droite perturbent la manifestation du 1er -Mai » (https://www.estrepublicain.fr/faits-divers-justice/2022/05/02/des-militants-d-extreme-droite-perturbent-la-manifestation-du-1er-mai/).

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