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Dissolution de Darmanin : une action du C2DH



Mercredi 21 juin, 250 personnes se sont réunies devant la Préfecture contre la dissolution des Soulèvements de la terre. Un mystérieux comité dijonnais pour la dissolution heureuse y a dissous des portraits de l’infâme ministre Gerald Darmanin.

Après les arrestations du mardi 20 juin, le gouvernement a annoncé mercredi 21 juin la publication du décret de dissolution administrative des Soulèvements de la terre. Immédiatement ce sont plus de 130 rassemblements qui se sont organisés dans toute la France pour résister à cette dissolution. En exprimant publiquement être les Soulèvements de la terre le soir-même, des milliers de personnes ont montré que les Soulèvements de la terre sont un mouvement impossible à dissoudre, puisqu’il repousse partout.

A Dijon, de nombreuses organisations avaient exprimé leur soutien dont Solidaires, la Confédération paysanne et la Ligue des droits de l’homme. Plus de 250 personnes se sont réunies devant la Préfecture, la police restant à distance du rassemblement. Après les prises de parole des Soulèvements et des organisations, un texte signé d’un mystérieux comité a été lu. Il portait ces propos en en-tête : « Le Comité Dijonnais pour la Dissolution Heureuse (C2DH) est courageux, mais pas trop. C’est pourquoi il n’a pas prévu de venir lire son texte au rassemblement d’aujourd’hui, malgré sa grande pertinence. Si vous le trouvez, n’hésitez pas à en faire la lecture vous-même collectivement. »

Dijoncter l’a ramassé et retranscrit pour vous :

Communiqué du Comité Dijonnais pour la Dissolution Heureuse (C2DH)

21 juin 2023

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Le gouvernement prétend avoir dissout « Les Soulèvements de la terre » ce matin.

Il prétend avoir dissout un élan de plus de 100 000 personnes qui affirment ensemble :

  • qu’il faut défendre le monde paysan plutôt que l’industrie des sols,
  • qu’il faut laisser tomber des projets de train qui pillent une montagne pour faire gagner une heure de trajet aux bourges,
  • qu’il faut arrêter de bétonner à tout va,
  • qu’il faut barrer la route au monde de la croissance pour construire des mondes vivants.

Le gouvernement prétend dissoudre un mouvement qui a réussi à lier ensemble des centaines de collectifs, d’organisations et de luttes locales, en à peine deux ans. Un mouvement qui a cessé d’attendre en se désespérant et qui s’est donné les moyens d’agir pour freiner le désastre écologique.

Le gouvernement prétend dissoudre un mouvement qui reçoit aujourd’hui le soutien de toute la classe politique de gauche et crée même des dissensus au sein de la majorité. Même Barbara Pompili est devenue écolo grâce à la dissolution !
Tout cela prêterait à rire si seulement la situation ne s’aggravait pas de jour en jour, vouant l’avenir à toujours plus de destructions et d’inégalités.

  • Ce serait drôle si cela n’instillait pas la crainte chez les 100 000 personnes qui ont dit « nous sommes les soulèvements » de finir en prison si elles osaient encore se réunir,
  • Ce serait drôle si nous n’avions pas à compter les blessé.es graves à chaque manifestation ;
  • Ce serait drôle si 15 personnes n’étaient pas actuellement en garde-à-vue dans les locaux de l’antiterrorisme.

Tout ça ne fait vraiment pas rire, mais pour que ça devienne un peu drôle, le Comité dijonnais pour la Dissolution Heureuse propose de trancher ensemble ce qu’il serait bon ou pas de dissoudre. Parmi cette première liste, veut-on ou non dissoudre :

  • la FNSEA, pour son rôle dans l’asservissement du monde paysan et pour son soutien indéfectible à l’agro-industrie ravageuse. Mais aussi pour avoir fait pression sur le gouvernement afin que soit dissout les Soulèvements ?
  • Lafarge, pour être à la tête d’une des industries les plus polluantes et destructrices au monde, et pour s’être rendue complice de crime contre l’humanité ?
  • l’Andra (agence nationale de gestion des déchets nucléaires), pour sa contribution à la contamination du monde à l’échelle des 100 000 prochaines années ?
  • Contre Attaque, pour avoir honteusement continué le travail d’information autonome et engagée sur les luttes sociales et environnementales qui était fait par Nantes révoltée, victime de dissolution en 2022 ?
  • Eric Ciotti, pour son racisme et sa xénophobie ?
  • la Cité de la gastronomie, pour être le symbole de la marchandisation de la ville, des territoires et de la convivialité,
  • le Quartier libre des lentillères, pour avoir allié l’indiscipline, la créativité, l’hospitalité et la culture des communs, et pour avoir prétendu soustraire 7 ha à la bétonisation de Dijon ?
  • le CCIE, Collectif contre l’islamophobie en Europe, pour continuer à défendre les droits humains des personnes musulmanes alors que le CCIF avait été la première ONG dissoute par le gouvernement français ?
  • Bayer Monsanto, pour sa participation résolue à l’effondrement de la biodiversité et son rôle dans la multiplication des cancers chez les agriculteurs et les populations ?
  • la Gale, Groupe antifasciste Lyon & environs, pour avoir déjoué la dissolution prononcée contre elle et gagné son recours au conseil d’état ?
  • la BraV (brigade de répression de l’action violente), pour la brutalité sans nom par laquelle elle s’illustre à chaque fois qu’elle entre en action ?
  • le DFCO (Dijon Football Côte d’Or) pour ses résultats médiocres et son absence de soutien aux luttes populaires ?

S’il y en a un qui fait l’unanimité dans la liste de ce qui est à dissoudre, c’est bien Gerald Darmanin.
Le Comité Dijonnais pour la Dissolution heureuse a trouvé sa liste de griefs et lui adresse en ces termes :

« Gerald,

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Tu n’es pas seulement le ministre qui tente aujourd’hui de dissoudre les Soulèvements de la terre.

Tu es celui qui assume d’avoir utilisé ta position de pouvoir pour obtenir des services sexuels. Une pipe contre un logement, coucher pour faire avancer un dossier.Que plusieurs femmes victimes de tes pressions t’accusent de viol ne t’a pas fait bouger d’un pouce. Des histoires normales de jeunes hommes, comme semble le penser Macron, des histoires de sale con comme tu le dis toi-même

Darmanin, tu es le nom de la culture du viol.

Tu n’es pas seulement le ministre qui tente aujourd’hui de dissoudre les Soulèvements de la terre.

Tu es celui qui a été nommé ministre de l’intérieur pour sanctionner Castaner, le ministre d’avant. Castaner avait eu l’audace de s’interroger un peu sur les pratiques de la police. Il n’était pourtant pas en train de démanteler la police qui tue. Mais dire qu’il y a parfois des violences, c’était déjà trop. Alors les flics ont manifesté, Macron a viré Castaner et tu es arrivé.

Darmanin, tu es le nom de l’impunité policière.

Tu n’es pas seulement le ministre qui tente aujourd’hui de dissoudre les Soulèvements de la terre.

Tu es celui qui pousse activement le champ politique vers l’extrême-droite. Celui qui s’est vanté d’être plus dur que Le Pen sur les question migratoires, celui qui s’est opposé aux mariages des couples homosexuels, celui qui dit lutter contre l’ensauvagement de la France, celui qui assume d’attaquer la Ligue des droits de l’homme parce qu’elle regarde de trop près la violence du maintien de l’ordre à Sainte Soline,

Darmanin, tu es le nom de la fascisation de l’État. »

S’il y avait des choses à dissoudre aujourd’hui, ce seraient la culture du viol, l’impunité policière et la fascisation de l’État.

Dissolution de Darmanin !
Soutien aux Soulèvements de la terre !

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Portfolio complet de la dissolution

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Appel aux Soulèvements de la Terre

Ce qui repousse partout ne peut être dissous

22 juin 2023


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