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La santé c’est capital



Avez-vous déjà entendu parler de la Générale de Santé ? À l’origine filiale de la Générale des Eaux, c’est aujourd’hui le plus grand groupe privé de santé en France, avec 162 cliniques (et 11 en Italie). À Dijon, elle possède la clinique St-Marthe, celle de Chenôve et celle de Fontaine (soit 450 lits), qu’elle projette de réunir en un seul mega-pôle.

À vrai dire, vous avez plus de chances d’en avoir entendu parler si vous êtes habitué-e de la presse boursière qu’en vous intéressant de loin aux politiques locales de santé publique. En effet, ce groupe a pour principale vocation de faire des sous sur la ruine planifiée de l’hôpital public, comme l’annonce d’ailleurs son site internet : « L’hospitalisation publique connaît de réelles difficultés et voit sa capacité de soin diminuer. […] Dans ce contexte, la Générale de Santé est évidemment l’acteur le mieux placé pour assurer les missions correspondant à un vrai besoin de la population ».

En fait de réponse aux besoins de la population, la Générale de Santé n’a fait que reproduire dans le domaine de la santé les vieilles recettes avec lesquelles son aînée Vivendi avait engrangé des millions, à commencer par la cotation en bourse. Outre la multinationale française qui ne compte plus que 10% des parts, le capital du groupe est détenu à 60% par le financier italien Antonio Ligresti, qui compte bien en acquérir toutes les parts (pour celles et ceux qui n’auraient pas fait golden boy en deuxième langue, on dit qu’il a lancé une OPA, offre publique d’achat).

Mais, pour se constituer un matelas d’euros confortable et ne pas devoir s’en servir pour amortir sa chute du 45e étage d’un building new-yorkais lors du prochain krach, boursicoter ne suffit pas. Les milliards virtuels c’est bien, mais rien ne vaut les bons vieux bénéfices sonnants et trébuchants. Et pour ça pas de secret, il suffit d’appliquer les pratiques qui ont fait leurs preuves :

1. cibler ce qui rapporte gros (actes communs de chirurgie, radiologie…), ce qui permet du même coup de laisser ce qui est non-rentable à l’hôpital public, et de pouvoir ensuite faire valoir que le privé coûte moins cher ;
2. pressuriser le personnel et les salaires (cf. la grève à la clinique de Chenôve en février dernier) ;
3. oublier toute notion de service public, quitte à dépenser 10 millions d’euros en « formation de management » pour bourrer dans le crâne des cadres que « les patients sont des clients, pas des usagers » ;
4. « créer de la valeur en vendant des murs », selon l’expression du PDG Daniel Bour : en 2006, sur 225 millions de bénéfices, 171 provenaient de cessions immobilières…

Là, on comprend un peu mieux ce qui motive la Générale de Santé à regrouper toutes ses cliniques dijonnaises, au détriment de l’offre de santé de proximité : éviter de devoir mettre aux normes les anciens établissements, et surtout les revendre au prix du marché alors qu’elle compte bien acquérir les nouveaux terrains à prix préférentiel, arguant de sa « mission de service public ». Même Le Monde, qu’on peut difficilement suspecter de propagande communiste, note, à propos de la construction d’un hôpital de la Générale de Santé à Lyon, que « les experts considèrent que cette dernière (la Générale) a privilégié les considérations financières au détriment de la qualité des ouvrages… »

À l’heure actuelle, des habitant·e·s de Chenôve se mobilisent pour que la clinique reste dans leur ville et que la santé publique ne soit pas soumise à des impératifs financiers, cette mobilisation rejoint la lutte des salarié·e·s de la GdS pour leurs conditions de travail. Mais au-delà, c’est toute la population de l’agglomération qui est concernée par la politique de santé, et qui doit se préoccuper de prendre en charge cette question.



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