Voyage au cœur des projets de bétonisation de Dijon Métropole.

Inaugurée pendant la fête des Lentillères, cette exposition retrace en photos un voyage d’exploration des lieux promis à la bétonisation dans le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI-D) de Dijon Métropole.

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Débutons notre périple au Quartier Libre des Lentillères, où pendant presque dix ans, des habitants d’une grande diversité ont construit eux-mêmes leur quartier. Un lieu unique où les décisions qui affectent la vie du Quartier sont prises par ceux qui y vivent et y jardinent au quotidien.

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Avec trois collectifs agricoles et de nombreux petits jardins, la terre est cultivée avec envie et plaisir. Chaque semaine pendant la saison, des marchés à prix libre voient le jour et démontrent également la possibilité d’autres économies où nous pouvons tous manger bio.

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On constate que nos pratiques de culture laissent beaucoup de place à la biodiversité et permettent une saine co-habitation avec de nombreuses espèces. Pour ne citer qu’un exemple, les populations de hérissons et d’écureuils ne cessent d’augmenter chaque année au Quartier.

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La Splaad, la société d’aménagement de Dijon Métropole en charge de l’urbanisation, a pour projet de nous expulser afin de faire construire un de ses écoquartiers. Des Lentillères, nous sommes aux premières loges pour observer chaque jour l’évolution du chantier de la 1re phase de cet écoquartier menaçant : une architecture aussi laide que grise.
Mais, au fait, que signifie le terme « éco » qui compose leur appellation « Écoquartier » ?

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Le projet « Écocité Jardin des Maraîchers » fait partie du PLU-I, qui dessine les grands axes de développement de Dijon et ses alentours de 2020 à 2030. Les rapports et plans des urbanistes contiennent toutes les belles phrases promettant une prise en compte des enjeux écologiques et sociaux : “un nouvel équilibre entre l’homme, la ville et la nature” par ici, “corridors de biodiversité en ville” par là, ou encore“le développement de l’agriculture de proximité pour tendre vers l‘autosuffisance alimentaire”,sans oublier de “donner un cadre favorable à l’émergence de modes de vie durables”.
Alors que ces termes décrivent parfaitement toutes nos tentatives au Quartier Libre des Lentillères, pourquoi vouloir nous bétonner ?

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Nous avons décidé de visiter les autres sites menacés par l’urbanisation de la Métropole sur les 10 prochaines années à Dijon et ses alentours. Est-ce que tous les projets sont aussi horribles et destructeurs que l’Écocite Jardin Des Maraîchers ? Leur concept de « transition écologique » n’est-il que du greenwashing ? Combien d’autres terres agricoles seront détruites ?

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On a retrouvé pas mal de petits jardins potagers dans les sites visés par le PLUI. Comme ce beau jardin très productif route de Dijon à Longvic. Dijon Métropole « propose » de le remplacer par 30 logements...

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Aux Lentillères, nous connaissons de nombreux Dijonnais en recherche de petits jardins, pour mieux manger, se déstresser ou se reposer en soirée entre amis. Pendant notre voyage, nous avons découvert des jardins cachés dans un coin d’une friche, comme ici, sur le site de l’Écoquartier Pont des Tanneries.

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Il est possible de trouver une production agricole citadine à petite échelle partout, notamment au sein de jardins de maisons encore habitées. Ici, une maison sur la Route d’Ahuy où un nouveau quartier va aussi être construit.

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Comme une vingtaine d’appartements occupent autant de place qu’une jolie maison, nombreuses sont celles rachetées par des investisseurs et volontairement laissées vides pour s’enrichir par la spéculation.

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La logique du béton et du capital fait qu’il est rentable de démolir des appartements pour construire… de nouveaux appartements.

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Sur l’Avenue du Drapeau à Dijon : des petits jardins familiaux sont inclus dans le site du projet d’habitat « Langres / Garden State »

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Les friches en zone urbaine révèlent souvent les traces d’un usage agricole diversifié antérieur, comme les vergers. Elles pourraient de nouveau être cultivées, ou rester comme espaces verts pour accueillir l’imaginaire des jeux des enfants. Quand la ville se densifie, on éloigne géographiquement les citadins des lieux de production de leur alimentation. Pas le choix, ils seront obligés d’être dépendant de Leclerc ou Carrefour pour se nourrir.

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Les friches urbaines servent également de refuge autant à la biodiversité que d’espaces de recréation.

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A Chenôve, un enfant joue sur un terrain vide qui fera prochainement partie d’un projet de renouvellement du centre-ville.

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Tout le monde devrait avoir le droit de profiter d’espaces verts à proximité de son habitation.

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En zone périurbaine, plusieurs projets d’habitat menacent des terres cultivés, comme ici à Ouges. 126 hectares de Zones à Urbaniser dans le PLUI sont réservés à des projets d’habitat.

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Du nord au sud dijonnais de grandes étendues de terres agricoles sont en cours de bétonisation par des programmes de lotissements : 20,4 ha à Ahuy et 28 ha à Perrigny-lès-Dijon. Déjà proposés dans les plans antérieurs, ces deux projets ont déjà débuté alors qu’une grande partie de ces terres restent encore cultivées ou cultivables. Dans sa logique de « transition écologique », le PLU-I préconise désormais d’éviter l’étalement urbain, de préserver de préserver les terres agricoles ou de mettre frein à l’artificialisation des terres. Malgré ces bonnes volontés affichés aucun de ces projets décriés n’est remis en question ou abandonné.

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Le terme « effet métropole » est utilisé comme prétexte pour justifier en quoi une ville avec une faible croissance démographique (entre 0,1 % et 0,3 % par an) a besoin de 15.000 logements neufs. Cet « effet métropole » impacte en réalité négativement la ruralité. D’une part on assiste à la création de villages dortoir à proximité de la ville, d’autre part la vie des villages plus reculés est affectée par une désertification croissante.

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Des zones à potentiel agricole situées entre les zones urbanisées, mais considérées trop petites pour une installation professionnelle sont appelées « dents creuses », comme ici à la ZAC des Poètes à Chevigny-Saint-Saveur. Elles ont pourtant de multiples usages pour les habitants, comme des jardins cultivables. Mais Dijon Métropole préfère remplir ces « trous » par toujours plus d’appartements neufs.

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L’Ouche et le Canal de Bourgogne se voient appelées « trame bleu et verte ». S’agit-il de sauvegarder la biodiversité ou faut-il voir ici une opportunité pour vendre à prix d’or des appartements de standing ?

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Entre Plombières et Longvic, on comptabilise onze projets proposés le long de ces deux seuls cours d’eau.

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Le plus imposant de ces projets, est l’Écoquartier des Carrières Blanches. Il s’étale à lui seul sur pratiquement un kilomètre le long du canal à Fontaine d’Ouche. Avec 353 logements neufs, quelle forme d’espace de sociabilité ce bord du canal peut-il continuer à véhiculer ?

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Plusieurs zones à usage commercial ou industriel vont être démolis et remplacés par des projets d’habitat, comme sur l’Avenue de l’Europe à Longvic ou sur l’Avenue Roland Carraz de Chenôve.

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Il est probable qu’une partie de ces entreprises vont se déplacer vers les énormes zones d’activités industriels en devenir, qui seront construites sur des terres agricoles : sous le Fort de Beauregard à Longvic, aux extensions du Parc Valmy, à l’Ecoparc Dijon Bourgogne entre St. Apollinaire et Quetigny ou sur d’autres zones à urbaniser autour de la ville.

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Le PLU-I évoque même la relocalisation d’une partie des entreprises situées dans la zone artisanale autour de la Rue de la Grande Fin à Fontaine-lès-Dijon, dans le secteur de Cortots – une Zone à Urbaniser actuellement cultivée.

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Ce même PLU-I détermine 530 hectares de Zones à Urbaniser (dont 366 hectares consacrés aux « activités »)… presque toutes sont actuellement cultivées.

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Les monocultures industrielles étant un désastre écologique, faut-il vraiment les sauver ? L’urgence posée par les crises du climat et l’extinction devraient nous amener à une transformation de ces déserts vers une agriculture mixte et biodiverse ou même vers un « réensauvagement ».
Basta ya les nouvelles usines et autres centres de distribution Amazon !

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Les grandes zones à urbaniser sont toutes situées près de la rocade et autres grands axes. Les infrastructures routières doivent alimenter les entreprises en travailleurs véhiculés. Même à Valmy, accessible en tram, la plupart des gens vont à n’en pas douter s’y rendre facilement en voiture grâce à son emplacement idéal aux abords de la rocade. Et voila ! Le premier bâtiment construit dans cette nouvelle extension, est un grand parking.

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Sur la prochaine phase d’expansion du Parc Valmy, un projet de maraîchage et un atelier d’insertion alimentent Les Restos du Cœur de Côte d’Or.

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Une exception ? Le « secteur Europa », derrière la zone de commerce de Chenôve est destiné à devenir un “ projet orienté sur le développement du maraîchage, des circuits courts et des démarches agro-environnementales”, mais pourquoi dans le PLUI est-il alors classé comme Zone A Urbaniser et non en Zone Agricole. Nous verrons ce que cela donnera. Pour l’instant, il y a encore quelques petits jardins.

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La modernité et la rationalité de notre époque semblent avoir eu raison des fantômes !!! En effet, les terrains autour des cimetières n’ont pas été épargnés par les zones devenues constructibles, comme le prouvent les projets d’habitats à Sennecey-les-Dijon, Quetigny, et ici, sur ce terrain cultivé a Chevigny-Saint-Sauveur.

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Plus de place pour les enfants ? On a trouvé plusieurs futurs projets de construction sur les actuels sites d’écoles maternelles à Longvic, Quetigny, Chenôve et St-Apollinaire.

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On a également découvert que des installations sportives vont être détruites à Chenôve, Marsannay et Dijon. Nous décernons notre palme de la défaite sportive à ce petit terrain de football et de basket situé à Chevigny-Saint-Sauveur, un petit espace public encerclé par des bâtiments déjà bien hauts.

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Le clinique de Fontaine-les-Dijon, déjà fermée, est destinée à accueillir 100 logements neufs. Un mot trouvé sur la porte nous informe que les soins sont transférés au nouvel hôpital privé de Valmy, récemment construit sur des terres agricoles.

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La grande ironie de l’histoire est que pour permettre la construction de logements, les personnes en situations précaires sont expulsées de leurs logements. L’ancienne CPAM de Chenôve était squattée par une centaine de migrants depuis octobre 2018, sans que les autorités locales ne proposent d’autres solutions de logement. Le 9 septembre 2019, le squat été expulsé par la Police Nationale et les CRS. Le propriétaire, la Société Est Métropole (SEM), veut y construire 30 logements.
La SEM est une entreprise dirigée par Thierry Coursin, ancien directeur de cabinet de Rebsamen durant 11 ans. Nommé en 2012 directeur de la SEMAAD, une société publique dijonnaise, il a privatisé l’entreprise et profite désormais comme investisseur privé de plusieurs grands projets immobiliers dijonnais comme Valmy et l’écoquartier de Heudelet. On commence à comprendre les contours et le fonctionnement de cet urbanisme vert et social à Dijon.

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Parler de « transition écologique » sans reconnaître que les enjeux écologiques sont tout à la fois globaux mais aussi locaux et surtout interconnectés n’a pas de sens. Par la faute du changement climatique, des régions comme le Sahel deviennent plus sèches, alimentant conflits et migration vers l’Europe. Alors que la solidarité avec les migrants relève de la nécessité, la seule solution offerte par la Mairie de Dijon n’aura été qu’un terrain vide, balayé par les vents, pour poser temporairement des tentes...

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Un autre groupe de personnes marginalisées et dans la ligne de mire des urbanistes : les caravanes stationnées au bout de Boulevard Chicago/ Rue d’Auxonne.

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Quelles conclusions devrions-nous tirer de notre petit voyage aux pays des urbanistes dijonnais ? Évidement, le PLU-I pourrait être pire, mais cela ne saurait excuser le fort impact environnemental de l’ensemble de ces projets proposés qui vont continuer à consommer les terres agricoles. La réalité cachée sous le vernis du langage éco du PLU-I, est que l’argent parle toujours plus fort que les besoins de la nature et des communautés. Les multiples crises qui impactent notre territoire, exigent des solutions beaucoup plus créatives et radicales. Comme les décideurs ne sauront pas les trouver pour nous, notamment par ce qu’ils sont bien trop liés aux intérêts économiques, il faut que toutes et tous nous prenions la responsabilité nous-même de créer des villes et villages habitables, écologiques et solidaires.



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