Appel à rassemblement contre l’expulsion de la maison Carraz (ANNULÉ)

On appelle à un rassemblement massif ce vendredi 25 juin à 8h30 devant le tribunal judiciaire pour soutenir les habitantes de la maison carraz à l’audience d’expulsion !

  • Le rassemblement est annulé

     

Depuis le mercredi 7 avril, une maison est squattée au 32 de l’avenue Roland Carraz à Chenôve.
Cette maison est un lieu d’habitation pour femmes et minorités de genre exilées à Dijon.

Cette maison était inhabitée depuis plus de 5 ans. Rachetée par la chaine Lidl en 2014 pour un projet d’agrandissement, qui ne se fera finalement jamais puisque Lidl n’a pas réussi à pousser dehors les autres habitant.e.s des maisons voisines.

En attendant, cette maison parfaitement viable était restée vide toutes ces années, qu’est-ce-qu’une maison de 70m2 dans le parc immobilier du géant Lidl ? La réponse, au vu du désintérêt total de la chaine pour cette maison jusqu’alors était : rien.
Mais soudainement, la maison est ouverte, devient utile, de surcroît pour héberger des personnes migrantes ayant besoin d’un toît ; branlebas de combat à la direction de Lidl !!! C’est d’abord un délégué régional Lidl qui vient nous informer que Lidl est bien propriétaire de la maison, et qu’il n’y aurait pas de projet commercial ou immobilier sur cette parcelle. Avec décontraction, il affirme ensuite face au comité de soutien que Lidl peut acheter les juges : "avec un billet, on sait accélerer les procédures". Revendiquer des pratiques mafieuses, cela ne fait pas peur au géant de l’agroalimentaire. Puis, après un courrier du comité de soutien adressé à la direction de Lidl, qui proposait d’ouvrir le dialogue en vu d’un bail précaire, Lidl répond quelques jours plus tard : une procédure d’expulsion est lancée, aucune négociation n’est donc imaginable de leur côté.

Nous apprenons finalement qu’une habitante est assignée à une audience d’expulsion ce vendredi 25 juin à 9h. Le dossier montre des photos de l’intérieur de la maison, l’huissier ayant donc pénétré dans la maison avec la police, en l’absence des habitantes !

Les femmes représentent près de 30% des demandeureuses d’asile mais elles sont cependant invisibilisées dans les médias et le discours public.
Pourtant, être une femme exilée, d’autant plus en étant LGBTQIA+ [1], c’est s’exposer à davantage de difficultés, d’une part sur les routes migratoires mais aussi une fois arrivée en France : précarité, violences sexuelles... et violences administratives, infligées par tout le parcours de demande d’asile. Dans les bureaux de l’OFPRA [2], entre autres justifications absurdes et douloureuses à apporter, les personnes LGBTQIA+ sont obligées de prouver leur orientation sexuelle ou leur genre, subissant la lourde (et souvent impossible) tâche de se raconter dans son intimité, tout en pouvant ne pas être cru-e si on ne colle pas aux stéréotypes.

Pour se loger, il est difficile de trouver de la solidarité, de l’intimité et de se sentir à l’aise, que ce soit dans les lieux d’accueil « conventionnels » (CADA, Samu) ou dans les lieux d’hébergements alternatifs. Peu importe où elles sont hébergées, les personnes se retrouvent dans des espaces qui sont principalement habités et organisés par des hommes. Cela peut accentuer le sentiment d’isolement et rendre plus difficile le fait de se reconstruire après une expérience de migration. Créer ce nouveau lieu d’habitation offre la possibilité aux personnes en éprouvant le besoin de trouver un espace où elles se sentent bien pour se soutenir et s’apporter le soin nécessaire. En ces temps d’épidémie, cette habitation en petit nombre permet aussi de se protéger et de vivre le confinement dans des conditions décentes.
Nous trouvons absurde que le nombre de logements vacants reste si élevé alors que des personnes vivent toujours dans la rue. Et puisque l’Etat choisit de s’engager dans la voie d’une répression systématique ou de lacérer des tentes quand il est en réalité de sa responsabilité d’héberger ces personnes, il nous parait légitime de nous organiser pour réquisitionner nous-mêmes des logements.

Appel à rassemblement massif devant le tribunal judiciaire au 13 boulevard Clémenceau le vendredi 25 juin à 8h30 :

Pas une personne à la rue !

Pas une maison vide à Dijon !

Lidl, t’en veux une dans ta gueule ?



Notes

[1LGBTQIA+ = Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transgenres, Queer, Intersexes, Asexuelles et autres

[2OFPRA= Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides

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