Le gang des Opinel et du couteau suisse avec tire-bouchon enfin démantelé au lycée Le Castel !



Au terme d’une opération menée conjointement par les services de la préfecture et de la police nationale, une prise record d’armes blanches au lycée Le Castel à Dijon. Deux opinels, un couteau suisse et un à champignons.

Mardi 26 mars une opération policière d’envergure a été menée à l’entrée du lycée Le Castel. De 14h à 17h, les élèves ont été contrôlés et palpés par des mains expertes. Le préfet, M. Robine, gabardine bleue, 152 euros chez Armand Thierry, a commenté à chaud les opérations. Pas de voyous dans notre bonne-ville dit-il en substance et en résumé.
Ce lycée, de notoriété publique, accueille un public bigarré voire interlope et contrairement à son voisin sur le trottoir d’en face, le lycée Saint-Joseph, du nom du charpentier, concubin de la Vierge Marie, il abrite des jeunes gens venus des quartiers. La stupeur voire l’hébétude se lisait sur leurs visages juvéniles. « Place nette XXL », tel est le nom du dispositif.
On appréciera l’inventivité de l’expression. Place nette d’abord qui évoque la puissance d’un produit ménager industriel (avec Place nette, tout est plus chouette !) et en plus, surpuissant même si on aurait préféré 3XL plutôt que XXL. Pourquoi mégoter ?
À 10 jours des Portes ouvertes dans ce lycée, la préfecture, de façon opportune, avertit les familles. Vous vous apprêtez à inscrire votre enfant dans une zone de non-droit et l’État, en la personne de M. Robine, gabardine bleue, 152 euros chez Armand Thierry, a le devoir de vous prévenir. Après n’allez pas vous plaindre auprès du rectorat si votre fils ou votre fille sombre dans la délinquance et les substances illicites.
500 policiers, selon le Bien public, toujours le premier informé, sont mobilisés jour et nuit pour éradiquer la vente de drogues dans la métropole (sic) . Le maire, François Rebsamen, ravi de cette initiative accueille jeudi 28 mars le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. La photo de leur poignée de mains restera gravée dans les mémoires. Le premier jour de la fin du deal à Dijon. Les deux hommes s’engagent à poursuivre l’opération jusqu’à extinction du trafic. Les édiles grimperont ensuite dans un avion et entameront une tournée en Colombie car là-bas, ils ne savent pas y faire avec les narcos et la France, par l’intermédiaire de ces deux ambassadeurs qui auront fait leurs preuves à Dijon, exportera son savoir-faire en la matière. Cela s’appelle l’entraide.

Bien sûr tout cela coûte beaucoup d’argent et on les entend déjà hurler au loup ces ultra gauchistes qui polluent les salles des professeurs. On aurait pu réparer le toit qui fuit, remplacer le professeur de mathématiques en burn-out depuis trois mois ou améliorer le rata à la cantine. Toujours ces mêmes arguments, mille fois entendus, sur, blablabla, le manque de moyens, oin oin oin, le coût du Service national universel, blablabla, les uniformes fabriqués au Pakistan, oin oin oin, la paupérisation de l’Education nationale.
La liste de leurs pleurnicheries est si longue que Darmanin et Rebsamen auront le temps de faire trois allers retours Paris-Bogota avant qu’ils aient fini leur inventaire.
Autre piste creusée par le ministère des armées pour purger la société de ses éléments indésirables, la piste martiale. On le sait, le contexte est tendu sur le plan international et la France aura bientôt besoin de toutes ses forces vives. Or, La chair est plus vive du côté de la jeunesse que de la vieillesse d’où l’urgence de mo-bi-li-ser les 15/25. Pour l’instant, la mobilisation est psychologique comme la guerre du même nom dans Asterix aux Jeux Olympiques. Il s’agit de préparer les esprits, de les accoutumer à l’idée que l’union sacrée est un humanisme. Pour ce faire, les moyens mis en œuvre sont variés : communion autour des valeurs republicaines, présentation des métiers de la défense dans les établissements scolaires, séjours de cohésion avec levée des couleurs etc. On n’ose pas encore les enfants de troupe pris au berceau mais on y réfléchit.

On ne lésine pas non plus sur les symboles pour parvenir à ses fins. Tout juste remis du Panthéon où il célébrait la seconde mort de Missak et Mélinée Manouchian sur fond d’Affiche rouge, le président de la République s’apprête maintenant à brandir la flamme olympique et à asperger Notre Dame de Paris d’eau bénite à l’occasion de sa résurrection. L’alliance du sabre et du goupillon est une spécialité française. Elle a fait ses preuves dans le passé et comme disent les grands-mères, c’est dans les vieux pots...

Autre idée prometteuse, s’occuper des chômeurs qui coûtent trop cher et que l’on pourrait, pourquoi pas, réquisitionner au nom de l’effort de guerre comme le ministre Lecornu souhaite le faire pour l’industrie. En cas de conflit, une armée de glandeurs assistés sociaux et de jeunes gens qui connaissent les paroles de la Marseillaise pourrait ainsi être facilement mobilisable. La classe.

Au terme de cette folle semaine où Dijon est le centre du monde, on a le sentiment d’être au cœur du système mis en place depuis 7 ans par E. Macron. Ils sont tous là, le policier, le préfet, le ministre, le prêtre (ah non pas lui, banni depuis 1905 mais prêt à reprendre du service si on lui demande !) pour protéger la France qui se lève tôt et qui n’en peut plus de la racaille qui lui pourrit la vie. Sous sa casquette brodée d’or, de guinguois, un brin trop grande pour sa tête, le préfet, aux côtés d’un ministre de l’intérieur, mâchoire crispée façon Benito, semble écrasé par le poids de sa fonction. Il est conscient de la lourdeur de la tâche qui l’attend et préférerait être à la plage.

L’opération Place nette au Castel est donc un franc succès et les quatre couteaux saisis apportent la preuve qu’à Dijon, comme à Marseille ou à Lyon, on sait où chercher. Dans les poches et les sacs des élèves de quinze ans qui, un mardi après-midi, sortaient de cours.

Merci, vraiment.



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