[Montbéliard] Un jeune guinéen a été embarqué au CRA de Metz


Doubs

De nouveau, un jeune guinéen est sous le coup d’une menace d’expulsion. Abakar, 20 ans, a été emmené de force au Centre de Rétention Administrative de Metz.

Crédit photo : Collectif de soutien de Abakar.

Alors que les bonnes nouvelles s’enchainaient ces derniers jours entre la régularisation de Laye à Besançon et celle d’Elvis à Dijon, Abakar vient d’être embarqué et emprisonné au Centre de Rétention de Metz.

Abakar Gassama a 20 ans, et il vit en France depuis ses 14 ans. Il est Guinéen et a quitté la Guinée pour échapper à son beau-père. D’après le comité qui le soutient, il est terrorisé à l’idée d’être renvoyé en Guinée.

À ses 18 ans, ses différentes demandes de séjour ont été rejetées.
« Entre Besançon et Belfort, il y a une trentaine de jeunes comme Abakar, des Guinéens. Le prétexte pour les renvoyer c’est de dire qu’ils n’ont pas de papiers d’identité valables » explique Marie-France Lehmann, membre de la LDH, à France 3 [1].

En octobre dernier, une manifestation avait été organisée par différentes association et collectif devant la Police Aux Frontière de Pontarlier.

Par exemple, depuis 2017, les agents de la police aux frontière (PAF) ont pour ordre de « formuler un avis défavorable pour toute analyse d’acte de naissance guinéen » (note de la DCPAF du 01/12/2017). Cette note discriminante, toujours d’actualité, supprime d’un coup d’un seul toutes possibilités aux ressortissants guinéens d’accéder à un titre de séjour, puisque leurs documents d’identités seront systématiquement « expertisés » faux par la PAF. Les rapports « d’expertise » de la PAF se contentent parfois d’invoquer cette note pour contester la validité d’un acte de naissance. D’autres fois, et pas seulement pour les guinéens, l’« expert » prend la peine d’enrichir son rapport d’arguments souvent invérifiables et étayés par une base de donnée incomplète et obsolète. Et c’est ainsi qu’à grands coups de tampons la préfecture et sa police transforment un lycéen en clandestin et un apprenti en travailleur illégal…

À Dijon, c’est aussi le cas de Mohamed Camara, un jeune lycéen des Arcades qui est actuellement menacé d’expulsion.

Arrestation rusée

Abakar avait reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français en juin 2019.
Il s’est fait arrêté alors qu’il allait pointer au commissariat le 1er février.

Comme son horaire de pointage avait changé, son avocate s’en était inquiété en appelant la gendarmerie, qui lui avait répondu que c’était juste un malentendu et que ses horaires habituels allaient être rétablis.

« Un retropédalage et un succès apparent dont nous nous sommes réjouis lorsqu’à 14h nous étions une cinquantaine en soutien à Abakar. Mais il s’agissait d’un piège. Lorsqu’Abakar est venu pointer à 16H30, les gendarmes l’ont embarqué de force au Centre rétention de Metz. Une tromperie odieuse basée sur un mensonge à l’avocate, pour pouvoir embarquer Abakar quand nous ne serions pas là. » témoigne le comité de soutien.

Empêchons l’expulsion d’Abakar !

Les différents collectifs sont en train de mener des recours juridiques pour faire sortir Abakar du CRA et faire qu’il obtienne enfin le droit de vivre en paix.

Pour soutenir Abakar, une pétition lancée depuis plusieurs mois est toujours en ligne :

Et deux rassemblements étaient prévus mercredi 3 février à 14 h devant la Mairie d’Audincourt et jeudi 4 février à 15H à la Pierre à Poissons (Montbéliard).



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