Un autre « appel du 18 juin »

Retour sur la 18e vigie du Collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires, en lien avec le réseau international ICAN, prix Nobel de la paix 2017, en vue de la signature par la France du ’Traité sur l’interdiction des armes nucléaires’ (TIAN) et de la reconversion civile des activités militaires des sites du CEA-DAM.

Le 18 juin 2021 à Moloy, près du site CEA de Valduc, 11 lanceurs d’alerte du ‘Collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ ont déployé des banderoles appelant

  • au respect par la France de l’art.6 du Traité de non-prolifération (TNP) auquel elle a adhéré en 1992,
  • à l’adhésion de la France au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) applicable depuis le 22 janvier 2021,
  • et à la reconversion à ces activités pacifiques du sites CEA-DAM de Valduc chargé de la maintenance et du perfectionnement des bombes atomiques.
« Un jour, la Bombe partira sans qu’on sache pourquoi ! » Charles de Gaulle

Le 18 juin 1940, Charles de Gaulle lançait depuis la BBC à Londres l’appel à la Résistance contre la domination nazie. Visionnaire en 1940, le général ne l’est pas resté par la suite... Après s’être opposé en 1953 au projet d’une ‘Communauté européenne de défense’ (CED), il devient un des principaux promoteurs de la dissuasion nucléaire française, conçue comme moyen d’assurer la sécurité et d’affirmer la grandeur de la France.
Il affirme en 1963 qu’« un pays qui n’a pas la puissance atomique est obligé de s’en remettre, pour sa sécurité et son indépendance, à un autre qui l’a ! ». La conséquence logique de cette affirmation est que les 195 pays de la planète devraient aujourd’hui avoir chacun la bombe atomique pour ne pas dépendre d’un autre pays...
Le général a été plus inspiré quand, en 1932, dans Le fil de l’épée, il s’insurgeait contre le dogmatisme des états-majors : « Croire que l’on est en possession d’un moyen d’éviter les périls et les surprises des circonstances et de les dominer, c’est procurer à l’esprit le repos auquel il tend sans cesse, l’illusion de pouvoir maîtriser le mystère de l’inconnu ».
Ou quand, alors colonel, il a dénoncé en 1939 la fausse sécurité de la ligne Maginot.
Et aussi quand il a déclaré « Un jour, la bombe partira sans qu’on sache pourquoi ! » Cette phrase est citée par Jean Toulat dans son livre La bombe ou la vie (1971). Jean Toulat, auteur le 15 juin 1940, trois jours avant de Gaulle, d’un tract d’appel à la Résistance intitulé ‘Espoir quand même !’, prêtre et journaliste honnête, ne précise malheureusement pas où et quand le général a prononcé cette phrase. Probablement cela lui a-t-il été rapporté par un proche du général qu’il n’a pas pu citer.
La bombe peut "partir" par suite d’une erreur humaine, d’un incident technique, d’un dysfonctionnement informatique, d’une attaque cybernétique contre les systèmes d’alerte ou de déclenchement. Les risques de guerre nucléaire et les accidents depuis les années 1960 se comptent par dizaines.
Le coût de l’arsenal nucléaire français de 1945 à 2010 est estimé à 229 milliards d’euros. La France a effectué 210 essais nucléaires, dont 146 en Polynésie, et doit maintenant indemniser les victimes et réhabiliter les sites. Tout cela pour une arme dont le président Giscard d’Estaing disait qu’il ne l’aurait pas utilisée en cas d’agression de l’Europe par les chars soviétiques...

Comment les citoyens peuvent-ils soutenir le TIAN ?
  • Écrivez à votre Maire, afin que votre commune signe l’Appel des villes d’ICAN pour le désarmement nucléaire, à votre député et sénateur pour que la France ratifie le TIAN.
  • Participez aux vigies citoyennes à Dijon ou Valduc, à Paris et ailleurs.
  • Questionnez votre banque sur son financement de la bombe atomique, et n’hésitez pas à changer pour une banque éthique, grâce au guide éco-citoyen “Choisis ta banque !” sur le site des Amis de la Terre.
  • Intéressez-vous aux armes nucléaires, aux questions de sécurité internationale et aux alternatives de défense de la démocratie.
    Les vigies et actions non-violentes menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre d’ ICAN, ’Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite des précédentes victoires de l’ONU : interdiction des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).
    Découvrez l’historique avec photos des actions à Dijon et Valduc depuis 2014.
    Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires
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