Christine Jakse : Salaire à vie et féminisme

Salut la fafa ! Vos chouettes dijonnaises sous caféine vous proposent une interview de Christine Jakse, militante au sein du groupe femmes du réseau-salariat !

Pour Christine Jakse, militante au sein du groupe femmes du réseau-salariat, l’extension du salaire à la qualification personnelle (ou salaire à vie) est une première étape dans une perspective féministe matérialiste. Mais plus encore : elle plaide pour le salaire unique.
Le salaire à vie existe déjà. C’est le statut de fonctionnaire par exemple. D’ailleurs, pendant le confinement, les fonctionnaires ont gardés leur salaire : celui-ci est donc bien attaché à la personne (et non au poste, et encore moins à la tâche).

Le salaire à vie entend rémunérer toute forme de travail. En ce sens, il est plus large que la simple reconnaissance de l’emploi, qui est une rémunération capitaliste.
Or, dans une lecture marxiste, on sait très bien que tout le monde ne travaille pas équitablement. On peut citer la oisiveté des actionnaires, par exemple.
Et dans une lecture féministe matérialiste, Christine Jakse défend l’idée qu’il existe une autre lutte de classe : celle des hommes contre les femmes. Le patriarcat donc.

Le salaire à vie permettrait de reconnaitre la valeur du travail domestique qui est très majoritairement aujourd’hui celui des femmes. Cette part de travail représente quasiment une « deuxième journée », statistiquement.
Étendre le salaire à la qualification est donc une lutte anticapitaliste, mais pas totalement féministe. En effet, même avec des salaires d’un rapport de 1 à 4 (de 1 500 à 6 000 euros selon la qualification, par exemple), le patriarcat ne disparaîtrait pas.

En ce sens, les différences de salaire femme-homme déjà observées aujourd’hui (environs 20% tout au long de la carrière, puis jusqu’à 40% à la retraite) se perpétueraient même avec un salaire à vie étendu à l’ensemble de la société.
La seule solution, semble-t-il, serait donc d’abolir le genre. Et donc le sexe. Ce qui permettrait de reconnaître un continuum entre filles et garçons, entre femelles et mâles.

Ainsi, seul un salaire unique serait en mesure d’abolir la lutte des classes prolétaires/bourgeois et femmes/hommes.
Position très radicale, qui mérite une réelle discussion !

N’hésitez pas à en débattre au prochain repas de famille 🙂



Proposer un complément d'info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Ajouter un document

Articles de la même thématique : Droit du travail

Articles de la même thématique : Féminisme(s)

Pride off au squat La Pigeonne à Strasbourg

Au squat La Pigeonne, on ne veut pas que juin soit le mois de notre visibilité et de notre récupération, mais au contraire un mois de plus dans l’année pour partager nos colères et notre soif de liberté ! On vous propose deux dimanches pour se retrouver et construire collectivement d’autres luttes et d’autres mémoires queers dans notre Bibliothèque Marsha P. Johnson.

Féministes, nous luttons contre la répression d’État

Des intellectuels et des artistes, dont Françoise Vergès, Isabelle Stengers, Paul B. Preciado et plusieurs collectifs féministes s’allient pour affirmer « leur peur et leur colère face à la course sécuritaire menée par le gouvernement », et réclamer la libération des militants arrêtés le 8 décembre 2020.