Pas de fumée sans feu : l’enfumage de Macron annonce le feu féministe révolutionnaire !

Le contexte politico-sanitaire nous immobilise, fait renoncer à la grande déferlante féministe bravant le pavé, massive, belle et enragée que nous avions l’intention de reproduire après le succès de la manifestation de 2019. Pas question toutefois de rester entièrement enfermé-e-s. Nous étions, sommes et serons encore partout.

Pour la journée internationale de lutte contre toutes les violences sexistes et sexuelles, nous ouvrons nos voix, envahissons l’espace et découvrons notre feu.

Le collectif 25 novembre avait imaginé un tout autre scénario pour cette journée, une véritable déferlante féministe bravant le pavé dijonnais, aussi massive, belle et enragée que 2019. Le contexte politico-sanitaire que nos chairs et nos esprits connaissent maintenant trop bien, nous a désarçonné·e·s. Au regard de sa dynamique de lutte internationale, la journée de mobilisation du 25 novembre reste cependant capitale, et nous pousse à riposter haut et fort malgré le contexte pandémique. Violences physiques et psychologiques, violences domestiques et conjugales, violences intrafamiliales et infantiles, violences contre les jeunes LBGTQIA+ qui sont contraint·e·s dans des familles hostiles : toute violence est démultipliée en contexte de confinement.

Autour de cette date, érigée journée internationale en commémoration des soeurs Mirabal, assassinées en 1960 sous la dictature de Rafaël Trujillo en République Dominicaine, nous continuons à tisser des liens et à affirmer nos solidarités féministes. Nous affirmons notre solidarité avec les travailleur·euse·s, victimes de conditions de travail dramatiques. Une grande partie des professions se retrouvant en première ligne sont ultra féminisées : infirmières, aides-soignantes, aides à domicile, caissières... Habituellement déconsidérées et dévalorisées par notre société patriarcapitaliste, ces salariées se voient d’un coup d’un seul chargé·e·s d’une mission de sauvetage de la nation.

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Nous sommes solidaires des travailleur·euse·s du sexe, les travailleuses fantômes ; plongées dans la précarité ou dans des conditions de vie profondément détériorées. Les putes meurent de faim et n’ont plus de quoi payer leur loyer, sont chassé·e·s des hôtels où iels logent. Leurs droits fondamentaux sont bafoués. Les travailleur·euse·s du sexe migrant·e·s et transgenres, sont les premières touché·e·s. Nous sommes solidaires des sans-papiers et les migrant·e·s, victimes de violences administratives et racistes. Nous sommes solidaires des sans-abris, les grands oubliés du confinement. Nous sommes solidaires des personnes qui portent un voile, victimes de l’islamophobie d’état. Nous vous invitons d’ailleurs à vous informer sur le projet de loi contre les séparatismes, aussi appelée la pire loi raciste et liberticide que l’État « de droit » aura pu imposer en un temps record (on cherche la différence entre le néolibéralisme de Macron et celui de Trump : aucune).

Nous sommes solidaires avec les mineur·e·s coincé·e·s dans un milieu éducatif maltraitant et violent. Nous sommes solidaires des précaires, grévistes, chômeur-euse-s, les étudiant·e·s que cette année fragilise davantage. Les conséquences sociales et économiques de la crise sanitaire, avec un million de personnes pauvres supplémentaires, sont tout particulièrement dramatiques pour les femmes, les hommes trans et les personnes non-binaires.

Nous pensons à nos sœurs assassiné·e·s, par conjoint ou ex (85 féminicides recensés le 19/11/2020, en France). La Côte d’or est, derrière le Doubs, le deuxième département de France qui décompte le plus de violences conjugales. Encore en Haute-Saône avec le meurtre d’Alexia Fouillot, médiatiquement reconnu. Nous pensons aux putes assassinées, et aux victimes de meurtres transphobes. Nous sommes solidaires des victimes de viol, de tentatives de viol, de harcèlement sexiste et sexuel au travail comme dans la rue.

Le vieux monde veut notre mort, nous tuant, nous violant, nous agressant chaque jour. Nous dénonçons ces inégalités et violences systémiques, amplifiées par la pandémie et les confinements, que les femmes, hommes trans et non-binaires subissent au quotidien et dans tous les domaines de leur vie. Nous exigeons un plan d’urgence pour notre santé pas pour les profits. Nous exigeons la démission de Darmanin, ministre du viol, dans ce gouvernement qui ne sait que compter ses sous, envisageant même l’ouverture à la concurrence du numéro 3919, pendant que nous comptons nos victimes et nos mortes.

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Dans le contexte actuel du projet de loi de sécurité globale, la nécessité de manifester, de se faire entendre, de contester, de visibiliser nos luttes et nos revendications devient primordiale. Nous nous retrouvons (pour l’instant en tout cas) enfermé·e·s, impuissant·e·s face aux flux d’infos alarmantes et à la répression qui guette.

Faire griller le système, enflammer l’hétérocispatriarcat, incendier ce monde mortifère. Mettons le feu aux poudres !

La peur coule, glaciale, dans nos veines en lisant le projet de loi sécurité globale, l’absence de moyens pour les hôpitaux, les expulsions des camps de migrant·e·s, les jeunes harcelé·e·s par les flics dans les quartiers. Mais, derrière, au fond mais bien là, nous sentons aussi notre coeur qui crépite, en organe incandescent qui rêve à un immense feu de joie qui brûlerait le vieux monde. Nous bouillons dans nos intérieurs en état d’urgence, autant que nous fondons de colère et d’amour pour nos sœurs et adelphes. Notre feu intérieur brûle et nous réchauffe, énergise autant qu’il apaise. C’est ce feu qui se propage aussi vite que dans la forêt lors d’un été caniculaire. Ce feu ardent qui encercle et fait danser ou chanter ensemble. Ce feu vif où les flammes dansent de joie vers un semblant d’horizon. Faire griller le système, enflammer l’hétérocispatriarcat, incendier ce monde mortifère. Mettons le feu aux poudres !

Ce monde nous méprise, nous n’allons pas lui demander poliment. Soyons fier·e·s d’être hors-normes. Nous existerons, et ce droit à l’existence nous l’arracherons. Entretenons notre conflit constant avec ce monde qui opprime, condamne, enferme. Créons-nous des groupes d’aide mutuelle auto-organisés et d’auto-défense. Comptons sur nos propres forces rassemblées. Générons des solidarités concrètes et collectives. Nous souhaitons une société dont le pilier sera le prendre soin collectif.

2020, année de toutes les crises, année de lutte internationale féministe aussi, année révolutionnaire même. Voici notre lueur d’espoir face à l’explosion des violences de genre et dans un monde qui s’enfonce toujours plus dans le capitalisme hétéro-cis-patriarcal bourgeois.

Nos revendications sont visibles ici, sur les internets, et dans la rue, affichées et collées.

Nous préparons la suite, rejoins-nous, et brûlons ensemble 🔥📢

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