Archéologie préventive : dernières fouilles de la Cité de la Gastronomie, REFUSONS !

Une dernière phase de fouille archéologique reste à réaliser avant les travaux de la cité de la Gastronomie de Dijon. Alors que le projet pèse près de 200 millions d’euros, l’archéologie reste le parent pauvre, et c’est sur la science, le patrimoine et le dos des agents, que se font les économies de bout de chandelle...
Tract de l’intersyndicale INRAP Bourgogne-Franche-Comté (CGT/SUD/CNT)

L’intersyndicale INRAP Bourgogne-Franche-Comté (CGT/SUD/CNT) a pris acte de la situation concernant la dernière tranche de fouille de la Cité de la Gastronomie à Dijon.

La situation intenable dans laquelle se trouve le responsable d’opération le contraint à renoncer à la direction de cette mission :

  • Le Projet « Scientifique » d’Intervention a été largement sous-évalué pour cette tranche comme pour les précédentes :

Rappelons par exemple qu’est prévu pour la dernière tranche de fouille un « confortable » budget de 4 jours pour chacun des 6 spécialistes.

  • Des travaux de destructions mécanisés menés par l’aménageur au travers de la zone de fouille ont été réalisés avant le démarrage sans contrôle du SRA [1] et de l’Inrap [2], pourtant mis au courant.
  • Les conditions de travail des tranches de travaux précédentes ont fait les frais de ces économies : pas de cantonnement décent (local insalubre plutôt qu’une base vie normalisée), usage de sanitaires éloignés, appartenant à d’autres entreprises plutôt que la location d’un WC chimique, partage des locaux avec les chiens des vigiles… Les notifications dans le registre CHSCT en témoignent. Ces économies « de bouts de chandelle » ont contraint les agents de terrain de l’Inrap à mendier des locaux et des toilettes auprès de l’entreprise chargée des travaux de construction !
  • Il est inadmissible que la Cité de la Gastronomie, cet aménagement culturel à vocation internationale, engagé par une métropole et doté d’un large budget (au moins 50 millions d’euros pour la cité et près de 200 millions pour le projet global), se dégage de ses obligations archéologiques à moindre frais avec la complicité de la direction régionale de l’Inrap et du SRA.

Cette situation est une négation de tout le processus de professionnalisation de l’archéologie préventive engagé depuis plus de 30 ans. Elle n’est pas isolée et s’inscrit dans la droite ligne de la « gestion » conduite par la DR Bourgogne Franche-Comté. Cette politique inepte a été dénoncée à de multiples reprises par les agents de la région, comme lors du dernier CT local envahi par les personnels en colère. La situation générale de l’archéologie préventive, mise à mal par la privatisation de 2003, est suffisamment préoccupante sans que les actions de la direction régionale ne l’aggravent.

A ce jour le responsable d’opération est en arrêt maladie. Encore une fois la direction régionale a agi contre l’intérêt de la discipline archéologique et contre la santé de ses agents.

Rappelons que l’employeur est responsable de la santé physique et mentale des agents sous sa responsabilité. Et qu’il est soumis à ce titre à une obligation de résultats. Il doit également leur donner les moyens d’effectuer leur mission (art. L4121-1 à 5).

L’intersyndicale apporte son soutien au responsable d’opération et à l’équipe. Elle appelle tout agent sollicité à ne pas prendre la responsabilité de cette opération, tant que les moyens adéquats ne seront pas mis en oeuvre pour sa bonne exécution.

Intersyndicale INRAP Bourgogne-Franche-Comté : CGT, CNT, SUD

Dijon, le 4 avril 2018

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Communiqué intersyndicale INRAP Cité de la Gastronomie


Notes

[1Le service régional de l’archéologie (SRA) est le service de la DRAC (ministère de la culture) en charge des fouilles archéologique et de leur contrôle. Quelques explications sur le fonctionnement de l’archéologie préventive sur le site du ministère de la culture ou sur celui de l’INRAP.

[2Institut national de recherches archéologiques préventives

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