Le Printemps Républicain à Chenôve : errance politique et déroute de la municipalité



La ville de Chenôve, en la présence de son maire Thierry Falconnet, accueille ce jeudi la réunion de lancement du Printemps Républicain. L’aveu d’une déroute idéologique et d’une errance politique majeure et inquiétante.

Récidive. Après l’article suspect paru sur Charlie Hebdo c’est le tapis rouge qui est désormais déroulé au pire de ce que croit encore être la gauche. Mélenchon était face à Zemmour et ce dernier a réussi a distiller sa haine. Le Printemps Républicain sera à Chenôve le 14 octobre et il propagera la sienne et fera le banquet de ses obsessions sous le « patronage » de… la mairie de Chenôve.

L’invitation d’une coquille vide de réactionnaires et d’islamophobes obsessionnels

Accueillir le printemps républicain c’est faire l’aveu d’une déroute idéologique et d’une errance politique majeure et inquiétante.

Constitués d’une bande de nervis qui alimentent de leurs polémiques la fachosphère, se comportant souvent en véritables trolls, le printemps républicain ne trouve preneur que dans le pire de la gauche et pioche désormais à droite avec des figures comme Valérie Pecresse, « la Bardella des beaux-quartiers », ou Xavier Bertrand, qui font matrice idéologique avec l’extrême-droite.

Le P.R est une officine sectaire qui n’a aucun ancrage sur le terrain, sinon des relais médiatiques bienveillants dans les pires chaînes conservatrices et d’extrême-droite dont Zemmour est devenu l’emblème. Une coquille vide marquée par des « tensions et polémiques permanentes », « insupportables », une « police de la pensée » qui a un « problème de harcèlement », un « sectarisme » aux « méthodes brutales » et enfin un prescripteur d’opinions qui confine au « terrorisme intellectuel ». Voilà comment l’on dépeint des membres du Parti socialiste [1].
Le corpus doctrinal du PR se résume aux intellos déclinistes de « l’Identité malheureuse » de Finkelkraut au « Suicide français » de Zemmour : la République serait en pleine dégénérescence face à l’immigration massive et l’islamisation. Il s’organise en meute sur les réseaux sociaux, son objectif : présenter la France comme une forteresse assiégée et au bord d’une guerre civile ; ses méthodes : les fake-news montées en épingle.

Deux exemples au hasard. Juillet 2015, une brève reprise par Le Figaro relate l’agression d’une jeune fille en bikini par une jeune fille musulmane en raison de sa religion. Pas une pas deux, l’info est reprise par son co-fondateur Gilles Clavreul et enflamme les réseaux sociaux. Au final ? Un démenti catégorique du parquet : aucun mobile ni religieux ni moral n’est à l’origine de l’agression.
Noël 2020, fausse affaire de l’agression de Belfort. Toute la meute, de Gilles Clavreul à Amine El Khatmi, avait inventé un Storytelling où le fils d’un policier aurait été agressé par des islamistes pour une photo posté de son repas de Noël. L’affaire avait provoqué un torrent de haine islamophobe et une hystérie sur les réseaux sociaux. Une nouvelle fois leur version avait été démontée pièce par pièce par le procureur de la république !

Un livre bien crasse et pourri en dédicace ce jeudi 14 à la mairie

Ne vous bousculez pas ce n’est pas Musso, Grimaldi ni le best-seller « Indignez-vous » de Stephane Hessel vendu à plus 2,2 millions d’exemplaires qui vous attend à dédicace ce jeudi à l’Hôtel des sociétés de Chenôve. C’est bien le livre creux et effrayant d’un certain Amine El-Khatmi viré de la liste des Verts d’Avignon (d’ailleurs la présence le 14 octobre de Catherine Hervieu du groupe des écologistes à cette soirée débat et élue canton 3, en partie par les voix des quartiers populaires, a de quoi interloquer). Jérôme Martin ex-président d’Act up nous a mâché le travail. Il a lu le bouquin.

Grosso modo : « appliquer la préférence nationale à la politique du logement social. Revenir sur le droit du sol à Mayotte ou en Guyane. Conditionner l’attribution aux étrangers des aides sociales à la maîtrise du français. Mettre sous tutelle les « Territoires perdus de la République », promus sans être définis à un nouveau statut administratif. Supprimer les aides à la culture quand les œuvres critiquent l’État. Défendre l’usage des tests osseux pour définir la minorité de jeunes étrangers alors que les scientifiques en contestent la fiabilité. Enfermer, expulser des étrangers, toujours plus, toujours plus vite.
Ces quelques mesures n’ont pas été tirées du programme du Rassemblement National, mais bien de celui du Printemps républicain, paru sous forme de livre vendu à un prix très populaire de 15 euros, et attribué non pas collectivement à l’organisation, mais à son seul président, Amine El Khatmi. Un programme qui se veut de gauche et populaire, « universaliste », et qui n’est en réalité qu’une énième resucée, une aggravation parfois, des propositions des droites les plus extrêmes. » [2] Si vous vous retrouvez donc dans ces mesures vous pouvez, d’ores et déjà, prendre votre carte au R.N et vous libérer le jeudi 14.

L’analyse du bouquin d’El Khatmi, qui a son rond de serviette à Cnews, se conclut ainsi : « Il ne s’agit pas d’un programme réaliste, mais d’un prêt-à-penser réactionnaire, mal habillé sous une mauvaise rhétorique de gauche, qui va toujours plus loin dans le racisme, la xénophobie, les mesures anti-sociales. » [3]

C’est à cela que vous invite l’édile de Chenôve. Et c’est bien cela qui signe la déroute, déjà en marche, d’une certaine gauche qui dans ses impuissances et ses compromissions face aux revendications citoyennes économiques, sociales et humaines espère y substituer, comme un cache-sexe trop voyant, la question identitaire imposée, dans le débat » par l’extrême-droite.



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