Coronavirus : la CGT demande la mise à l’arrêt des usines non-vitales en Bourgogne.

Dans le cadre des mesures de confinement de la population face à l’épidémie de coronavirus, les syndicats de la CGT métallurgie Bourgogne Franche-Comté et de la CGT Safran Dijon demandent la mise à l’arrêt des usines non-vitales afin de protéger la santé des travailleurs et des travailleuses.

Communiqué de presse métallurgie - CGT Bourgogne Franche-Comté
Situation pandémie Covid-19

Les usines non vitales doivent être mises à l’arrêt !

La CGT métallurgie souhaite tout d’abord saluer l’engagement et le dévouement de nos médecins, infirmiers et infirmières et plus largement de tous les personnels soignants, qui dans des conditions particulièrement difficiles, et après 30 ans de démantèlement de l’hôpital public, sont en première ligne face à cette crise sanitaire d’une ampleur inédite pour notre pays dans son histoire contemporaine.
Nous souhaitons aussi mettre à l’honneur tous les salariés : caissières, agents de nettoyage, agents d’EDF, transporteurs, manutentionnaires, etc...qui servent quotidiennement la population pour ses besoins vitaux.

Nous pensons également aux familles des victimes de ce virus et à tous les malades qui luttent actuellement pour leur survie.

La situation est grave. L’épidémie progresse à travers tout le pays. Notre région est une des plus touchées. Pour casser la propagation du virus le gouvernement a pris la juste décision d’un plan général de confinement. Mais dans le même temps encourage des milliers de salariés qui ne peuvent pas télétravailler à se rendre sur leurs lieux de travail.
Pour notre organisation il y a là une nouvelle incohérence et surtout un grave danger !

Dans la métallurgie nous constatons que des milliers de salariés sont obligés de se rendre dans leurs entreprises. Or, d’une part, dans bien des cas la santé de ces salariés n’est pas assurée, notamment par l’absence de moyens de protections, qui font également cruellement défaut à nos soignants. De l’autre nous constatons que ces usines encore ouvertes ne produisent pas, pour la plupart, des biens actuellement vitaux au pays.

Pour la métallurgie CGT c’est une situation intolérable et irresponsable.
Dans les entreprises la seule priorité doit être la santé des salariés !
Nous demandons l’arrêt immédiat de toutes les entreprises dont les productions ne sont pas vitales dans la période à la population.
Quant au gouvernement, plutôt que de donner une prime de 1000€ dans la cadre de la prime dite « Macron », aux salariés volontaires pour travailler au péril de leur vie, mais aussi au péril de celle leur famille et de la population, il ferait mieux de donner des masques, du gel et des respirateurs à nos soignants.
Les semaines, les mois qui viennent vont être difficiles... D’ores et déjà les conséquences sanitaires, sociales et économiques seront sans précédents depuis la 2e guerre mondiale. Dès maintenant notre organisation demande pour les salariés, chômeurs, étudiants et retraités le report des loyers, crédits, factures d’eau, de gaz et d’électricité.
Notre pays entre dans l’inconnu. Quand nous serons au lendemain de cette guerre nous ne pourrons pas nous dispenser d’une réflexion globale sur notre mode de vie et de société économique.
Le virus tue ! L’austérité aussi !

Communiqué du syndicat CGT Safran Dijon du 23 mars 2020

Après une période de fermeture de trois jours pour un nettoyage approfondi et une désinfection des locaux, la direction Safran a décidé la reprise du travail dès lundi matin avec un effectif de 45% physiquement présent soit 150 personnes environ. Une telle décision face à cette crise sanitaire est pour nous élus CGT une aberration.

De nombreux salariés sont déjà angoissés à l’idée de se retrouver lundi dans l’entreprise sans aucune garantie pour leur santé.
En effet après une si courte période de fermeture, sachant que le pic de l’épidémie reste à venir selon les médecins, la direction s’apprête tout simplement à réintroduire le virus dans l’entreprise.
Plus inquiétant encore, les salariés ayant été en contact avec une personne malade ou potentiellement malade peuvent reprendre le travail eux aussi, pas de contre-indications selon la direction, juste un contrôle de leur température le matin.
Ça ne rassure absolument pas les salariés.

Le double discours du gouvernement n’aide pas trop à y voir clair, et n’est pas plus rassurant.
Le confinement OUI, mais pas au sacrifice de l’économie, mais celui des travailleurs peut être malgré les appels du monde médical ?
Les dirigeants de Safran se sont donc empressés de remettre tout le monde au boulot !
Encore hier lors d’un CSE extraordinaire qui s’est tenu par téléphone, l’économie et la santé financière était au centre des débats.
Nous, les élus CGT Safran, estimons que le groupe, avec les annonces de ses résultats largement bénéficiaires, peut pallier au manque à gagner que va représenter cette crise.
En effet, les actionnaires se verront encore attribués des dividendes records cette année. Il serait donc inquiétant que Safran n’ai pas la possibilité d’épargner la vie de son personnel au nom du profit, à moins que ce soit une question d’envie ?

Aujourd’hui, le profit à court terme prime, alors que ce sont les salariés qui risqueront d’y perdre, la vie ou du pouvoir d’achat si seul les mesures du gouvernement sont mises en œuvre pour le chômage partiel.
Reste aux salariés la possibilité de prendre leurs congés, RTT, CET... Le capital du groupe Safran reste le seul témoin de la reconnaissance et de la solidarité dont fait preuve et parle notre direction dans une lettre adressée aux salariés le 18 mars 2020 signée par M. Petitcolin DG du groupe Safran.
Il y demande également de poursuivre nos efforts de compétitivité engagés depuis cinq ans en nous limitant plus que jamais aux dépenses nécessaires et en réalisant toutes les économies possibles.
Maladresse ou indécence ?

Face à nous la direction locale, brandit la menace inacceptable en de telles circonstances, d’une fermeture hypothétique du site de Dijon à l’issue de ce moment difficile, sous couvert d’un manque de profit en 2020.
Mais une direction quand même inquiète car fournissant du travail à 300 familles...
Voici le côté humain de notre direction !
Propos déplacé quand on sait qu’il s’agit de sauver des vies avant des emplois qui, de plus sont loin d’être menacés.
Aujourd’hui, nombre de soignants appellent à un confinement total en ne gardant que les activités essentielles.
La direction, dans les instances représentatives, se retranche derrière les recommandations groupe pour réouvrir l’usine dès lundi matin 05h sans concertation avec les IRPS. Nous dénonçons le manque de transparence et d’information dont fait preuve la direction ainsi que l’irresponsabilité d’une telle réouverture prématurée avec de tels effectifs.

La CGT Safran Dijon.
David MISSEY délégué syndical
Et secrétaire de l’union locale CGT Dijon.



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