« La Confédération Paysanne ne s’associe pas à la manifestation de tracteurs menée aujourd’hui à Dijon »

« Alors que la FNSEA et les JA, qui ont tout pouvoir dans les institutions agricoles depuis des décennies, clament protéger les paysans à renfort de démagogie et d’actions chocs, ils mettent surtout une pression indécente sur les pouvoirs publics pour que rien ne change. »

Communiqué de la Confédération Paysanne de Côte-d’Or

La Confédération Paysanne ne s’associe pas à la manifestation de tracteurs menée aujourd’hui à Dijon par une partie de la profession, à l’appel de la FNSEA [1] et des JA [2]. Alors que ces syndicats, qui ont tout pouvoir dans les institutions agricoles depuis des décennies, clament protéger les paysans à renfort de démagogie et d’actions chocs, ils mettent surtout une pression indécente sur les pouvoirs publics pour que rien ne change.

C’est avant tout une PAC [3] bien mieux répartie qui garantira d’avoir des paysannes et des paysans plus nombreux, seul moyen juste et pérenne de réussir la transition agro-écologique. La Confédération paysanne tient à rappeler la responsabilité du gouvernement pour une PAC ambitieuse, qui puisse aider les paysan.nes à activer le levier de cette transition souhaitée par la société. Les écorégimes doivent être conçus comme un signal et un encouragement aux changements de nos pratiques agricoles, complétés d’aides ambitieuses du second pilier. Les mesures agro-environnementales et climatiques doivent être accessibles à tous les producteurs, partout sur le territoire afin d’opérer ce changement de cap. Le gouvernement comme les paysannes et paysans doivent se saisir de cette opportunité possible dans la prochaine PAC pour transformer leurs pratiques, utiliser cette aide publique pour créer plus de valeur ajoutée et de revenu paysan et pour rendre nos fermes plus résilientes.

Nous voulons que les pouvoirs publics adaptent leurs fonctionnements et l’application des normes et réglementations comme outils au service d’une agriculture paysanne vertueuse, de ses travailleurs et de la préservation durable des biens communs. Ils ne doivent pas fonctionner comme des étaux qui nous étouffent, nous broient parfois, et laissent de ce fait le champ libre à l’agriculture industrielle.

Enfin, il paraît urgent de remettre en cause les accords de libre échange qui font de l’agriculture et l’alimentation de vulgaires marchandises et nivellent par le bas les conditions de vie des paysan.nes.

C’est à ces conditions, avec l’objectif de mieux produire, pour mieux nourrir et mieux vivre, que nous répondrons à la nécessité de notre souveraineté alimentaire, aux attentes des citoyen.nes et que nous donnerons à une nouvelle génération de paysan.nes l’envie de s’installer nombreux.ses.

Pour défendre une autre PAC, la Confédération Paysanne se mobilisera la semaine prochaine à Lyon pour une PAC qui aide plus les paysans que les hectares !

250 tracteurs manifestaient ce mardi à Dijon

À l’appel de la FNSEA et des JA, les syndicats majoritaires dans le monde de l’agriculture, environ 300 agriculteur·ices ont manifesté ce mardi à Dijon.
Cette manifestation était particulièrement offensive. Dans la matinée, les accès à Dijon étaient bloqués par les cortèges de tracteurs. Aux alentours de 10h les manifestant·es se sont retrouvé·es devant la DREAL [4]. Ils et elles ont alors déversé plusieurs bennes de paille, de pneus, et autres déchets, auxquels ils ont mis le feu après avoir défoncé le portail à coup de tractopelle.
Les flics ont alors gazé. D’après la préfecture des projectiles auraient été lancés vers les gendarmes (une information à prendre avec des pincettes, comme tout ce qui vient de la Pref’).
Des affrontements ont ensuite eu lieu rue de Mulhouse, puis les manifestant·es se sont rendu·es rue de la Préfecture, où ils et elles ont déversés des bennes de pierres, avant de crépir la rue et les gendarmes mobiles de lisier.

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Porcherie

Côté discours c’est moins reluisant. Aux côtés de la revendication - totalement légitime - de pouvoir vivre du métier d’agriculteur·ice, les prises de paroles se sont enchaînées pour demander l’abattage systématique des loups et pour défendre l’agriculture productiviste, à coup d’intrants chimiques et de retenues d’eau. Tout y est passé, des polémiques stériles sur « ceux qui veulent qu’on mange que des radis et de la salade », à la dénonciation de « ceux qui touchent 1 000€ à rien foutre ».

Cette manifestation est l’aboutissement d’une montée en tension qui dure depuis plusieurs semaines. Les samedis 13 et 20 mars des cadavres de brebis avaient déjà étés déposés devant la préfecture et dans le centre-ville.

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Notes

[1Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles

[2Jeunes agriculteurs

[3Politique agricole commune, la politique agricole mise en place à l’échelle de l’Union européenne

[4Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement

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