Contre le PLUi et ses écoquartiers de béton - Appel des Lentillères

L’enquête publique du PLUI [2] est en cours, et les urbanistes s’entêtent à penser que les dernières zones maraîchères de la ville peuvent être classées comme Zone à Urbaniser. Le Quartier Libre des Lentillères appelle à un rassemblement le 12 juin devant Dijon Métropole, avec le premier marché pirate de la saison.

CONTRE LE PLUi ET SON ENQUÊTE PUBLIQUE

Depuis le 14 mai, Dijon Métropole a mis en place une enquête publique visant à assurer l’information du public sur les documents constitutifs du Plan Local d’Urbanisme intercommunal ainsi que de recueillir ses observations, suggestions et contre-propositions. Le PLUi est un texte qui dessine l’urbanisme de la ville de Dijon en terme d’habitats et de déplacements pour les 10 prochaines années…

Les habitant·es de Dijon et des communes limitrophes sont donc censé·es avoir leur mot à dire à propos de l’urbanisation de leur ville. Ainsi la « démocratie » semble respectée, le peuple croit avoir du pouvoir et les décideurs et dirigeants peuvent faire ce qu’ils veulent sans remords…

Pourquoi l’enquête publique est une mascarade ? L’expérience des Lentillères

En 2013 avait lieu une enquête préalable à la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) concernant le projet "Ecocité Jardin des Maraîchers", soit la construction de 1500 logements en béton à la place des dernières terres agricoles de Dijon. Celles-là même que nous cultivons et habitons depuis 9 ans.

Des habitant·es, usagèr·es, et soutiens du Quartier Libre des Lentillères ainsi que des associations avaient choisi d’y participer. Ce sont une quarantaine de contributions en bonne et dûe forme qui avaient été déposées dans le registre d’enquête, pointant l’absurdité du projet (transformer une zone agricole en zone à urbaniser quand la Mairie se targue de préserver les terres agricoles ?), dénonçant ses irrégularités techniques et les lacunes de l’étude d’impact environnemental... Une seule contribution émettait un avis favorable au projet de destruction de l’existant.

Résultat du commissaire enquêteur : « Les observations ont été prises en compte, […] la comparaison des avantages et des inconvénients permet de constater que le bilan de l’ensemble du projet est largement positif et qu’il correspond à un caractère d’utilité publique. »

Avis favorable, donc, pour la destruction des terres et des expérimentations sociales et politiques qui se développent ici depuis 9 ans. Alors quid des contributions ?

Les exemples de ce genre sont nombreux partout en France. Le seul recours face à ce manque de prise en compte : attaquer la décision en justice, ce qui nécessite un énorme travail et des frais importants.

Le PLUi proposé actuellement par Dijon Métropole regorge de projets de bétonisation plus inutiles les uns que les autres. Et ce ne sont pas même des centaines de contributions à l’enquête publique qui changeraient la donne. Les intérêts des décideurs et de leurs amis les bétonneurs sont bien plus forts que quelques pages dans un registre officiel.

Pourquoi les Lentillères ne sont pas une Zone À Urbaniser ?

Le nouveau Plan Local d’Urbanisme Intercommunal proposé à l’enquête publique continue de définir le Quartier des Lentillères comme une Zone À Urbaniser, au mépris des évidences environnementales et urbanistiques.
Nous avons cru nécessaire de rappeler aux urbanistes en quoi le Quartier des Lentillères n’est pas – et ne sera jamais – une Zone à Urbaniser.

  • Parce que Dijon n’a pas besoin de s’urbaniser davantage

Les multiples projets de construction à Dijon ne sont que le reflet des caprices des élus, qui veulent que la ville puisse concurrencer les plus grandes métropoles. Ces logements n’ont pas pour but de répondre à une demande, mais d’attirer de nouveaux habitant·es, venu·es des campagnes alentour. Les politiques de densification urbaine désertifient les campagnes et les plus petites villes autour de Dijon.
7000 logements, y compris neufs, sont actuellement inhabités à Dijon.
Les Lentillères sont classées Zone à Urbaniser pour permettre la construction de la phase 2 de l’« écocité des maraîchers ». Les 900 logements qui sont en cours de construction sur la phase 1 peinent à se remplir. La phase 2 en prévoit 600 supplémentaires...

  • Parce qu’il faut préserver les dernières terres maraîchères de la ville

Les Lentillères sont le vestige de l’ancienne ceinture maraîchère de Dijon. Elles ont toujours été cultivées, ce qui fait qu’elles ont aujourd’hui un des plus gros potentiel agronomique du département.
C’est une des dernières zones de la ville où il est encore possible de faire du maraîchage. En plein milieu urbain, plus d’une centaine de personne y jardine actuellement et mangent les légumes qu’elles y font pousser. C’est le seul véritable lieu de la ville où se développe l’autonomie alimentaire dont se targuent tant les élus.
Le Plui reconnaît la nécessité de préserver à tout prix les terres agricoles de l’urbanisation, mais se laisse la possibilité de « compenser » les destructions. Rien ne saurait remplacer ces 7ha, leur richesse, leur histoire et leur singularité.

  • Parce qu’il est essentiel de protéger les dernières niches de biodiversité en ville

Le PLUI reconnaît l’obligation de préserver la biodiversité existante dans l’agglomération, mais il propose de bétonner ce qui existe déjà. Les Lentillères offrent un vrai réservoir de biodiversité, une vraie continuité écologique pour de nombreuses espèces sur plusieurs kilomètres entre le parc de la Colombière, le cimetière des Péjoces et le secteur universitaire, de façon remarquable en pleine zone urbaine. En 2013, trente-cinq espèces d’oiseaux y avaient été observées, dont vingt-cinq qui sont protégées et quatre qui ont une sensibilité particulière.
Ce ne sont pas les quelques « espaces verts » des quartiers aseptisés qui permettront de sauvegarder une telle biodiversité. Urbaniser cette zone selon le goût de Dijon Métropole, c’est la condamner à disparaître.

  • Parce qu’une ville a besoin d’espaces de respiration et de flânerie

Prétextant ne pas vouloir étaler la métropole sur les zones agricoles jouxtant la ville, les élus mettent en avant la nécessité de densifier le tissu urbain. Ils se permettent alors de transformer toutes les dernières friches de la ville en bureaux et en habitations, tandis que les zones commerciales continuent de s’étaler sur les zones agricoles… Vivre dans une ville, ce n’est pas seulement se loger, se déplacer et travailler, c’est aussi se laisser divaguer à la rencontre de nouveaux lieux et de nouvelles personnes.
La densification urbaine se fait au mépris du besoin vital d’espaces de respiration, de promenade et de liberté. Des espaces qui échappent à la circulation et à la rentabilité économique, aux caméras et à la pression sociale des centres-villes.

  • Parce que le Quartier Libre des Lentillères est déjà habité !

Les Lentillères sont habitées, cultivées, soignées et appréciées par des centaines de personnes, depuis bientôt 10 ans.
Il s’agit d’un espace qui est déjà urbanisé, mais selon une conception de l’urbanisme qui s’oppose aux logiques gestionnaires de la métropole, décidées "en haut" sans les habitant·es. Cet « urbanisme » existe en tant que tentative de vivre et d’imaginer ensemble une façon d’habiter la ville différente, d’y cultiver nos jardins, de prendre soin de celles et ceux qui la traversent, humains et non-humains, mais aussi d’y faire revenir et vivre du commun et du partage tant dans les espaces crées et ouverts, que dans l’organisation quotidienne des vies entremêlées au Quartier.

Ce territoire n’est donc pas une zone vierge réservée pour qu’un projet venu d’en haut puisse s’y implanter. Ce qui s’y vit en est l’exact opposé : un projet qui se construit horizontalement et communément au gré des besoins et des aspirations de celles et ceux qui y prennent part.
Il sera défendu sans relâche.

TOU-TE-S DEVANT LE GRAND DIJON MERCREDI 12 JUIN À 17H POURNONCER L’HYPOCRISIE « MOCRATIQUE » CONTRE LE PLUI, SON ENQUÊTE PUBLIQUE ET LA DESTRUCTION DES TERRES

Le Quartier Libre des Lentillères viendra avec ses salades tout droit sorties du champ.
NOS SALADES SE MANGENT, LES LEURS SE GOBENT !
QUIME LE PLUi RÉCOLTE LA TEMPÊTE !

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Lire aussi :

Le Quartier des Lentillères face à la politique de la ville - Interview de Yannick Sencébé

La course folle à la construction et à la croissance démographique des élus dijonnais répond-elle à un quelconque besoin des habitants ? Pourquoi toutes les villes se ressemblent-elles ? Yannick Sencébé revient sur la politique urbaine de Dijon, et sur l’urbanisme créatif du Quartier Libre des Lentillères.

30 mai
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24 mai


Notes

[1Le Plan Locale d’Urbanisme est un document d’urbanisme qui décide quelle zone est consacrée à quel type d’usage. Les zonages possibles sont réparties entre Zone Agricole, Zone Urbaine, Zone à Urbaniser et Zone Naturelle

[2Le Plan Locale d’Urbanisme est un document d’urbanisme qui décide quelle zone est consacrée à quel type d’usage. Les zonages possibles sont réparties entre Zone Agricole, Zone Urbaine, Zone à Urbaniser et Zone Naturelle

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